«Panama Papers»: Paris met le Panama sur sa liste des paradis fiscaux
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«Panama Papers»Paris met le Panama sur sa liste des paradis fiscaux

Par arrêté, la France a «ajouté le Panama à la liste pour 2016 des États et territoires non coopératifs (ETNC)».

Le Panama a menacé la France de représailles économiques.

Le Panama a menacé la France de représailles économiques.

photo: Keystone

Bercy a annoncé vendredi avoir réinscrit le Panama sur sa liste des paradis fiscaux, après les révélations faites dans le cadre du scandale des «Panama Papers», en arguant que cet État ne transmettait toujours pas les renseignements nécessaires à l'application de la législation.

Par un arrêté, le ministre des Finances Michel Sapin et le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert «ont ajouté le Panama à la liste pour 2016 des États et territoires non coopératifs (ETNC)», indique le ministère des Finances dans un communiqué.

Réaction de François Hollande

Le président français François Hollande a «vivement encouragé» vendredi «le Panama à répondre aux demandes d'informations des autorités fiscales françaises», après l'affaire des «Panama Papers» sur des soupçons de fraude fiscale, ont indiqué ses services.

M. Hollande, qui s'est entretenu par téléphone avec le président du Panama Juan Carlos Varela, «a insisté sur le respect des engagements pris par les États de passer, le plus rapidement possible, à l'échange automatique de renseignements entre administrations fiscales», a précisé la présidence dans un communiqué.

Il a précisé au président panaméen «les raisons qui ont justifié la réinscription du Panama sur la liste française» des paradis fiscaux, d'où il avait été retiré en 2012.

Faire intervenir l'OCDE

Le chef de l'Etat a «confirmé que la France avait demandé la tenue la semaine prochaine d'une réunion des experts de haut niveau de l'OCDE pour travailler à une action coordonnée des administrations fiscales à la suite d'informations révélées dans la presse internationale».

La France entend demander à l'OCDE de réinscrire à son tour le Panama sur sa liste de paradis fiscaux, avait annoncé mercredi son ministre des Finances Michel Sapin.

Engagement du Panama

Le président du Panama Juan Carlos Varela s'est engagé vendredi auprès de son homologue français François Hollande à collaborer avec la communauté internationale pour lutter contre le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale, selon un communiqué publié à l'issue d'un entretien téléphonique.

Juan Carlos Varela a fait part à François Hollande de la volonté du Panama «de prendre les mesures nécessaires pour garantir la mise en place effective de l'accord (entre les deux pays, ndlr) qui doit permettre d'éviter la double imposition fiscale et l'échange d'information entre les deux pays».

L'enquête des «Panama Papers», menée par un consortium de journalistes internationaux sur la base de fichiers du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, a mis au jour un vaste scandale de fraude et d'exil fiscal transitant par des sociétés panaméennes et impliquant des hauts responsables politiques, des sportifs ou des milliardaires. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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