Cyclisme: Paris-Roubaix: un match Cancellara-Sagan
Publié

CyclismeParis-Roubaix: un match Cancellara-Sagan

Fabian Cancellara et Peter Sagan seront les deux grands favoris dimanche de Paris-Roubaix.

Fabian Cancellara disputera dimanche la dernière grande classique de sa carrière.

Fabian Cancellara disputera dimanche la dernière grande classique de sa carrière.

photo: Keystone

Paris-Roubaix peut-il rêver d'une meilleure affiche pour sa 114e édition? Une affiche proposant un duel entre Fabian Cancellara et Peter Sagan, entre un Bernois qui dispute la dernière grande classique de sa carrière et un Slovaque en pleine bourre, entre le Roi des pavés de la dernière décennie et celui qui a déjà commencé à prendre sa place.

Il est aussi question de revanche entre les deux hommes. Et plus particulièrement après le Tour des Flandres, où Sagan avait commis dimanche dernier un crime de lèse-majesté en devançant Cancellara, en ruinant les adieux de «Spartacus» avec l'autre monument du cyclisme à se disputer sur les pavés.

«Deuxième, ce n'est pas premier, ce n'est pas l'histoire», avait ainsi regretté le Bernois, qui visait une inédite quatrième victoire sur le Ronde. Très sensible à cette dimension historique, désireux de laisser une empreinte durable avant de prendre sa retraite en fin d'année, il peut toutefois se rattraper à Roubaix, où un autre record l'attend. Avec déjà trois succès (2006, 2010 et 2013), le coureur d'Ittigen n'est plus qu'à une victoire des Belges Tom Boonen et Roger De Vlaeminck, les hommes les plus titrés dans l'Enfer du Nord.

Ce record, Cancellara a tout en main pour le décrocher. Sa forme? Excellente. Son équipe Trek? Dévouée à son service. Son expérience? Précieuse avec onze Paris-Roubaix jusqu'ici, dont six conclus sur le podium. Sa motivation? Énorme.

Marquage

Mais voilà, tous les signaux sont également au vert pour Sagan. Le Slovaque a certes moins de vécu sur la «reine des classiques», mais il a déjà prouvé qu'il avait les armes pour s'y illustrer. Et avec un peu plus de réussite, il serait sans doute déjà monté sur le podium. On rappellera ainsi qu'il était en course pour la victoire en 2015, avant d'être victime d'un ennui mécanique à 5 km de Roubaix. De rage, il avait alors jeté son vélo dans un buisson.

Cette année, le showman de la formation Tinkoff veut terminer en vainqueur. Et avec une confiance gonflée à bloc - outre le Tour des Flandres, il s'est aussi classé ce printemps 1er de Gand-Wevelgem et 2e du GP E3 -, le champion du monde sera assurément porté sur l'offensive dimanche.

Cancellara le sait bien, et d'autant plus qu'il s'était laissé surprendre au Tour des Flandres par le feu follet slovaque, dont l'attaque inattendue à 30 km de l'arrivée s'était avérée décisive. «Spartacus» serait donc bien inspiré de ne pas lui laisser la même liberté. C'est même lui qui serait censé prendre les devants - dans le secteur souvent décisif du Carrefour de l'Arbre, à 16 km du but? -, sachant que Sagan serait favorisé si les deux hommes devaient disputer un sprint dans le vélodrome de Roubaix.

Attention terrain boueux

Les deux hommes ne sont toutefois pas les seuls candidats à la victoire à l'issue des 257,5 km - dont 52,8 km pavés répartis en 27 secteurs - reliant Compiègne à Roubaix. Et malgré l'absence sur blessure de plusieurs ténors, comme le tenant du titre allemand John Degenkolb, le Belge Greg Van Avermaet ou le Français Arnaud Démare, ils sont plusieurs à pouvoir perturber le match Cancellara-Sagan.

Parmi eux figurent le Belge Sep Vanmarcke, le Néerlandais Lars Boom, les Norvégiens Alexander Kristoff et Edvald Boasson Hagen sans oublier le trio de la formation Etixx: le Néerlandais Niki Terpstra, le Tchèque Zdenek Stybar et évidemment Tom Boonen. Le quadruple vainqueur est certes moins affûté que Cancellara (35 ans tous les deux), son rival historique, mais il aura aussi à coeur de s'offrir un dernier monument avant de ranger son vélo.

Côté suisse, Martin Elmiger aurait pu être un outsider après sa 5e place de l'an dernier, mais le vétéran de IAM Cycling s'est cassé un poignet sur le Tour des Flandres. Toujours chez IAM, Reto Hollenstein devrait se cantonner au rôle d'équipier, tout comme Gregory Rast (Trek). Quant à Stefan Küng (BMC), qui a tout d'un futur vainqueur de Paris-Roubaix, il semble encore trop tendre pour jouer le podium, d'autant plus qu'il revient à peine d'une mononucléose.

Davantage que dans n'importe quelle autre course, la météo est aussi scrutée de près à Roubaix. Si les prévisions se sont améliorées pour dimanche - un temps sec est désormais annoncé -, la pluie prévue samedi devrait apporter son lot de boue sur les secteurs pavés. De quoi corser cet Enfer du Nord et, qui sait, rendre encore plus mémorable les adieux de Cancellara. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion