Tripoli: Parlement libyen envahi par des hommes armés
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TripoliParlement libyen envahi par des hommes armés

Des partisans du général à la retraite Khalifa Haftar, qui a lancé une offensive contre les miliciens islamistes à Benghazi, dans l'est de la Libye, ont attaqué dimanche à Tripoli le Conseil général national (CGN), le Parlement libyen.

«Ce sont des membres de l'Armée nationale libyenne» qui ont attaqué le bâtiment dans la capitale, a déclaré Mohamed al Hedjazi, porte-parole de l'ANL, lancée par le général Haftar qui s'en est proclamé le chef.

L'agence de presse officielle LANA a rapporté que des hommes non identifiés bloquaient les rues conduisant au siège du CGN. Des tirs retentissaient dans plusieurs quartiers de la capitale. Le député Omar Buchah a lui déclaré à Reuters que des hommes lourdement armés avaient attaqué le bâtiment, auquel ils ont mis le feu.

Gouvernement prévu

Des habitants avaient fait auparavant état de violents tirs d'armes antiaériennes et de lance-roquettes près du Parlement.

Les affrontements ont éclaté dans le sud de la ville, alors que le nouveau Premier ministre, Ahmed Maïtik, constituait son gouvernement qui devrait être soumis à l'approbation du CGN d'ici trois jours.

Les services du chef du gouvernement ont précisé que celui-ci a remis au CGN la liste de ses ministres, dont les noms n'ont pas été rendus publics dans l'immédiat.

Dizaines de tués récemment

Vendredi, les affrontements avaient fait au moins 79 tués et 141 blessés à Benghazi, selon un bilan donné samedi soir par le ministère libyen de la Santé.

«L'opération va continuer jusqu'à purger Benghazi des terroristes», a souligné Khalifa Haftar à la chaîne de télévision Libya Awalan, qui le soutient. Ce général à la retraite qui a participé à la révolte contre le régime de Mouammar Khadafi en 2011 s'est présenté comme le chef de «l'armée nationale».

Mais l'armée libyenne régulière qui, trois ans après la révolte, n'est toujours pas opérationnelle, a démenti toute implication dans ces affrontements, tandis que le gouvernement a condamné l'opération.

Critique lancée par les autorités

Les autorités libyennes ont dénoncé samedi l'offensive, dans un communiqué conjoint entre le gouvernement, le Parlement et l'armée. L'attaque menée par Khalifa Haftar est considérée par Tripoli comme «un agissement en dehors de la légitimité de l'Etat et un coup d'Etat», selon le communiqué lu par le président du CGN, Nouri Abou Sahmein.

Après des heurts très violents impliquant vendredi des avions et des hélicoptères de combat, la situation est redevenue calme vendredi soir à Benghazi, après le retrait de la force paramilitaire de Khalifa Haftar. Des sources locales à Benghazi ont même fait état par ailleurs de «tentatives de médiation» pour cesser les hostilités.

Des Libyens voient en Khalifa Haftar l'homme fort qui pourrait débarrasser le pays des groupes extrémistes, face à des autorités de transition affaiblies et sous l'influence des islamistes.

Originaire de l'est de la Libye, Khalifa Haftar a fait défection de l'armée de Kadhafi à la fin des années 1980. Il est ensuite rentré en Libye pour participer à la rébellion de 2011, après avoir passé près de vingt ans aux Etats-Unis. Il est accusé régulièrement pour cette raison d'être un «agent des Américains». (ats)

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