Partons en vacances avec l’artiste Beya Rebaï
L’île de Tascon, en Bretagne (F), dessinée au Neocolor par Beya Rebaï pour Caran d’Ache.

L’île de Tascon, en Bretagne (F), dessinée au Neocolor par Beya Rebaï pour Caran d’Ache.

Beya Rebaï
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l’art de s’évaderPartons en vacances avec l’artiste Beya Rebaï

L’illustratrice française croque ses voyages. Entre rêve et réalité, elle nous invite à la suivre dans ses paysages colorés.

par
Emmanuel Coissy

«Le voyage est partie intégrante de mon travail et de mon histoire. Mon père était directeur d’une agence de voyages. Depuis que je suis petite, on a eu la chance de bouger énormément. On allait toujours dans les musées.» Comme un juste retour des choses, c’est face au Musée des beaux-arts, à côté du Mudac et de Photo Élysée que nous avons rencontré Beya Rebaï. L’illustratrice parisienne, âgée de 27 ans, était de passage à Lausanne, la semaine dernière, parce qu’elle expose ses œuvres à l’Espace créatif Caran d’Ache (expo «Printemps», pl. de la Gare 16, jusqu’au 4 juin, entrée libre).

Caran d’Ache

L’artiste travaille exclusivement au Neocolor. Elle a découvert l’iconique pastel suisse en 2018. Un peu par hasard. «C’était dans un magasin à Lugano. Je cherchais le médium idéal pour un carnet de voyage. J’ai eu un coup de foudre pour le Neocolor, mais aussi pour les Alpes suisses et italiennes. Les lacs et les montagnes.»

Les dessins de Beya Rebaï font le tour du monde. Ils illustrent notamment des livres, des articles du «New York Times», du «Washington Post», du «New Yorker» et de la presse française. «Mon geste est spontané, le plus gros du travail c’est l’agencement des couleurs. Je peux y passer des heures. Je m’évade dans mes dessins. C’est le printemps, la floraison, une explosion de couleurs. J’en ai besoin. Ça me fait du bien et j’espère que ça fait du bien aux autres. J’adore imaginer des couleurs qui ne correspondent pas à la réalité. Être artiste, c’est apporter sa vision.»

On lui a alors lancé un petit défi: croquer ses vacances idéales. Elle l’a amicalement relevé en réalisant le dessin ci-dessous.

Reya Rebaï pour «20 minutes» Lifestyle.

«Pour moi, les vacances de rêve, c’est le repos. Je me suis représentée moi-même, ce que je fais très rarement. Une jeune femme allongée dans un hamac, au milieu des fleurs, face aux montagnes au loin puisqu’on est en Suisse. Mes paysages sont un mix entre la réalité et ce que j’imagine. Ce sont des souvenirs de paysages que j’ai vus.»

«Dans mes dessins, les personnages sont souvent un prétexte. Mon premier amour, c’est le paysage. La représentation de la nature, de la végétation. J’utilise les personnages comme une échelle des proportions. Pour une fois, l’humain n’est pas au centre de tout. La nature est plus forte. C’est ce que j’ai voulu faire ressentir.»

Et pourquoi une telle aspiration au repos? «Quand je suis en vacances, je ne peux pas m’empêcher de dessiner. Pour une artiste, les vacances ne signifient pas forcément le repos. Je prends toujours un carnet à dessin, mais j’aimerais changer ça. Ne pas dessiner, juste emmagasiner ce que je vois.»

Elle évoque, dans la foulée, un projet original: «J’ai été engagée par une agence de voyages américaine qui organise des ateliers artistiques un peu partout à travers le monde. J’en animerai un fin septembre. Durant une semaine, nous dessinerons sur l’île d’Ischia, en Italie.» Gageons que les beautés de la baie de Naples stimuleront la créativité de Beya Rebaï.

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