Syrie : Pas d'accord à l'ONU sur une déclaration
Actualisé

Syrie Pas d'accord à l'ONU sur une déclaration

Le Conseil de sécurité des Nations unies n'est pas parvenu à un accord sur une déclaration de soutien aux efforts entrepris par Kofi Annan pour obtenir un arrêt des violences en Syrie.

Les 15 pays membres du Conseil ont participé mardi à deux séances de discussions à huis clos sur le projet initial. Afin de convaincre la Russie, principal allié de Damas, les pays occidentaux ont accepté d'édulcorer le texte en retirant la mention à un délai de sept jours donné à Bachar al Assad pour respecter les décisions du Conseil. La Russie avait prévenu qu'elle rejetterait toute formule susceptible d'être interprétée comme un ultimatum.

Désormais, le projet de déclaration affirme que le Conseil «soutient pleinement» les efforts de Kofi Annan, émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe. Il menace Damas d'»initiatives supplémentaires» si le régime syrien ne respecte pas les décisions du Conseil en temps voulu, et non plus au bout de sept jours.

A l'issue de ces pourparlers, le représentant russe Vitali Tchourkine a laissé entendre devant la presse que son pays était prêt à soutenir cette déclaration. Prié de dire pourquoi le Conseil n'avait pas déjà approuvé le texte, il a répondu: «Certains ont besoin d'instructions. Nous étions prêts à y aller.»

Un diplomate occidental de haut rang a cependant contesté la version de l'ambassadeur russe en affirmant que Vitali Tchourkine avait lui-même réclamé un report de la décision. «A la fin, il a décidé qu'il voulait attendre jusqu'à demain matin», a dit ce diplomate.

Procédure de silence

Si aucun pays ne soulève d'objection d'ici mercredi matin, la déclaration sera automatiquement adoptée sans vote dans le cadre de la «procédure de silence».

La Russie et la Chine ont à deux reprises opposé leur veto à des projets de résolution sur la Syrie. Le dernier appuyait le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart de Bachar al Assad.

Moscou a toutefois donné mardi des signes supplémentaires d'infléchissement de sa position. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a ainsi déclaré que le régime syrien avait commis «de très nombreuses erreurs» depuis le début, en mars 2011, du mouvement de contestation de Bachar al Assad, dont la répression a fait plus de 8000 morts selon l'ONU.

Contrairement aux résolutions, les déclarations du Conseil de sécurité n'ont généralement pas de valeur contraignante.

Kofi Annan bientôt de retour en Syrie

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a une nouvelle fois appelé mercredi la communauté internationale à «parler d'une même voix», afin notamment de fournir une assistance humanitaire «immédiate» aux victimes des violences en Syrie.

«Nous nous sommes fixés trois priorités. D'abord la fin immédiate des violences, de toutes les violences, puis l'engagement d'un dialogue politique qui n'exclut personne, afin de définir l'avenir de la Syrie tel que les civils l'entendent. Et troisièmement, nous devons fournir immédiatement et de manière urgente une assistance humanitaire», a déclaré M. Ban lors d'un discours prononcé à Jakarta, lors d'une visite en Indonésie, première étape d'une tournée asiatique.

Ban Ki-moon a en outre affirmé «s'attendre» à un retour en Syrie «très bientôt» de l'envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan. «M. Annan a informé vendredi le Conseil de sécurité sur la situation et je m'attends à ce qu'il retourne à Damas très bientôt», a déclaré M. Ban (ats)

Ton opinion