Actualisé 25.07.2008 à 18:23

Pas d'analyse ADN pour le coeur de Chopin

Comme une relique religieuse, le coeur du compositeur Frédéric Chopin repose dans une église de Varsovie, intact, conservé dans de l'alcool depuis sa mort en 1849.

Malgré une demande récente de chercheurs, le gouvernement polonais ne veut pas qu'une analyse ADN soit effectuée sur cet organe pour résoudre, peut-être, le mystère de sa mort.

Le ministère de la Culture a ainsi rejeté une demande de scientifiques qui voulaient pratiquer des tests ADN sur le coeur de ce compositeur, né en Pologne, dans l'espoir d'en savoir plus sur son décès. Selon eux, il est très probable que Chopin, qui était fragile et malade pendant toute sa vie et qui a vécu seulement 39 ans, est mort de fibrose kystique, et non de tuberculose comme c'est écrit sur son certificat de décès.

Le coeur se trouve dans une urne scellée dans un pilier de l'Eglise de la Sainte-Croix à Varsovie, et le seul moment où il en a été retiré, c'était pour être mis en lieu sûr pendant la deuxième guerre mondiale.

Avant d'être remis dans le pilier en 1951, un médecin a examiné le coeur et découvert qu'il était parfaitement préservé dans un alcool qui, selon de nombreux experts, serait du cognac. Le coeur est resté enfermé dans le pilier depuis.

La fibrose kystique, une maladie génétique incurable, n'a été découverte que plusieurs décennies après la mort de Chopin. Des scientifiques ont affirmé que ses symptômes correspondent à cette maladie, notamment les infections respiratoires, les fièvres récurrentes, la puberté retardée et l'infertilité.

Une porte-parole du ministère, Iwona Radziszewska, a confié à l'Associated Press jeudi que des responsables du ministère avaient consulté des experts et décidé que «ce n'était pas le moment de donner une approbation, d'autant que ce n'était pas justifié par les connaissances potentielles qu'on pourrait en tirer».

Bien qu'elle ait refusé de s'expliquer davantage, un des experts consultés, le patron de l'Institut national Frédéric Chopin à Varsovie, Grzegorz Michalski, a observé que les scientifiques n'avaient pas réussi à démontrer qu'ils bénéficiaient d'une compétence suffisante pour procéder avec succès à de tels tests ADN, ou que les chances de succès étaient élevées.

Il a affirmé que «l'opinion dominante» des experts de Chopin et des scientifiques «était que la recherche proposée servirait avant tout à satisfaire la curiosité des auteurs du projet. Toutefois, cela n'augmente pas les chances d'acquérir de nouvelles connaissances qui auraient un impact significatif sur l'évaluation de la figure et du travail de Chopin».

Chopin est né en 1810 à Zelazowa Wola, un village près de Varsovie, d'un mère polonaise et d'un père français. Chopin a passé ses dernières années à Paris et son corps y est enterré. Mais en accord avec son souhait, son coeur a été prélevé et ramené dans son pays natal. (ap)

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