Actualisé 01.03.2009 à 11:55

AfghanistanPas d'élection présidentielle équitable avant août

La commission électorale indépendante afghane a réaffirmé dimanche qu'il n'était pas possible d'organiser une élection présidentielle équitable avant le mois d'août.

Samedi, le président Hamid Karzaï avait demandé par décret que le scrutin soit avancé à avril.

Dans ce décret, Hamid Karzaï a rappelé que la constitution afghane prévoit que l'élection présidentielle doit avoir lieu entre 30 et 60 jours avant la fin du mandat du président sortant, qui survient le 21 mai.

Pour sa part, la commission électorale avant annoncé en janvier que l'élection se tiendrait le 20 août, en justifiant ce retard par la situation de sécurité et des considérations logistiques. Cette position reste inchangée, a déclaré dimanche à l'AFP Zekria Barakzaï, un responsable de la commission.

Normes à respecter

"La Commission électorale indépendante avait pris en compte tous les aspects nécessaires à une élection équitable et démocratique, quand elle a jugé qu'il n'était pas possible d'organiser le scrutin avant le mois d'août", a dit Barakzaï.

Il a précisé que la commission n'avait pas encore reçu le décret présidentiel et se réservait la possibilité de l'étudier avant d'annoncer sa position.

La communauté internationale et les Nations Unies, qui doivent financer le coût de l'élection, estimé à 230 millions de dollars, avaient soutenu la date du 20 août.

Les Etats-Unis se sont prononcés samedi en faveur du maintien de l'élection au mois d'août, tout en apportant leur soutien aux arguments avancés samedi par Hamid Karzaï pour demander que le scrutin soit avancé au mois d'avril.

Eviter une vacance à la présidence

La décision d'avancer la date des élections s'explique par la volonté pour le président afghan d'assurer son avenir et d'éliminer la possibilité d'une absence au sommet de l'Etat, entre la fin de son mandat le 21 mai et l'élection de son successeur en août. Cela alors que le pays est en proie à une insurrection sanglante.

Près de 5 millions de personnes, dont 32% de femmes, sont inscrits sur les listes électorales, pour participer au deuxième scrutin présidentiel au suffrage universel direct de l'histoire du pays.

La première présidentielle avait été remportée avec 55% des suffrages fin 2004 par Hamid Karzaï, placé à la tête du pouvoir de transition avec le parrainage de Washington début 2002.

Karzaï de plus en plus contesté

Mais il est de plus en plus contesté ces derniers mois, tant en Afghanistan qu'au sein de la communauté internationale, en raison de son échec face à la montée de la violence et de la corruption.

S'il est le seul candidat sérieux à s'être déclaré, il pourrait notamment faire face à ses anciens ministres de l'Intérieur Ali Ahmad Jalali et des Finances Ashraf Ghani, considérés comme proches de la nouvelle administration américaine.

De son côté, le mollah Omar, ancien chef suprême des talibans, insaisissable depuis la chute du régime, a demandé aux Afghans de boycotter l'élection présidentielle.

Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a lui demandé en janvier aux pays membres de l'Alliance de fournir 10'000 soldats supplémentaires pour faire face au défi sécuritaire en vue de la présidentielle. (ats)

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