Attentat manqué (Détroit): Pas d'impact durable sur le trafic aérien
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Attentat manqué (Détroit)Pas d'impact durable sur le trafic aérien

L'attentat manqué contre le vol Amsterdam-Détroit de Northwest Airlines devrait compliquer encore davantage le voyage des passagers sans pénaliser durablement le trafic mais il constitue un déboire de plus à l'issue d'une année difficile pour les compagnies aériennes.

«Des incidents limités comme celui-ci ont rarement un impact même si une réaction sécuritaire trop forte pourrait provoquer un ras-le-bol des voyageurs, contribuant à ralentir la croissance à long terme du trafic», estime Richard Aboulafia, analyste du cabinet spécialisé Teal Group.

«L'événement n'aura pas d'impact durable sur le trafic», prédit également Olivier Fainsilber, consultant du cabinet de conseil Oliver Wyman.

Il souligne «que la psychose s'installe plus facilement dans l'aérien mais elle est infondée» car «la probabilité qu'il vous arrive quelque chose est extraordinairement faible».

Selon lui, «il n'y a pas de moyen de transport plus sûr».

Il ajoute que la répétition d'incidents similaires dans les semaines à venir, laissant supposer qu'il ne s'agit pas d'un acte isolé, aurait un effet négatif plus fort.

Steve Lott, porte-parole de l'Association internationale du transport aérien (IATA), estime qu'il est «encore tôt» pour évaluer l'impact de l'attentat manqué du vol 253 vendredi, la période des fêtes de fin d'années étant traditionnellement chargée et les billets déjà réservés de longue date.

L'IATA va surtout surveiller «l'impact du facteur complication du voyage pour les voyageurs et les compagnies aériennes», explique-t-il, relevant que pour l'heure, peu de retards ont été constatés sur les vols domestiques.

Les mesures de sécurité supplémentaires mises en place depuis vendredi ont en effet occasionné des retards importants sur les vols à destination des Etats-Unis, même si les choses semblaient rentrer dans l'ordre lundi dans les grands aéroports internationaux.

Pour Olivier Fainsilber, les mesures de sécurité supplémentaires vont créer des ralentissements avant que le système finisse par se perfectionner.

M. Lott espère, lui, que certaines mesures vont être revues à la baisse «si les gouvernements estiment que les risques ont diminué».

Il donne l'exemple du contrôle à 100% des passagers et des bagages sur certains vols, difficile à maintenir dans le temps étant donné le coût en temps et en personnel pour les compagnies et les aéroports.

Après l'attentat raté de décembre 2001, lorsque Richard Reid avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami avec une de ses chaussures piégées, puis les attentats manqués de Londres en 2006, «il n'y avait pas eu un fort impact», contrairement à l'après-attentats du 11 septembre 2001, rappelle M. Lott.

Selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), en 2001, «le trafic passagers avait baissé de 2,9%» comparé à l'année précédente.

Steve Lott ajoute qu'ensuite, le trafic s'était repris mais qu'il «a recommencé à chuter avec la récession».

L'attentat manqué de Noël est en effet le dernier coup dur d'une très mauvaise année pour le transport aérien mondial.

En 2009, celui-ci a connu son plus fort recul jamais enregistré avec une diminution de 3,1% du trafic passagers, reflétant la contraction de 1% de l'activité économique mondiale, indique l'OACI.

L'association américaine du voyage (US Travel) note lundi dans un communiqué que «le secteur aérien a supprimé 450.000 emplois américains entre 2008 et 2009 et que l'économie américaine a perdu plus de 100 milliards de dollars de dépenses de voyageurs en raison de la baisse des voyages vers les Etats-Unis ayant suivi les attentats du 11 septembre». (afp)

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