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Grand conseilPas d'interdiction de la mendicité

Les mendiants continueront à être tolérés dans les rues vaudoises.

Le Grand Conseil a refusé mardi de prononcer une interdiction cantonale. Une nette majorité a estimé qu'il ne fallait pas «criminaliser la pauvreté».

La motion du radical Olivier Feller proposait d'interdire toute mendicité. «Les cantons de Genève, Neuchâtel et Fribourg l'ont déjà fait», a argumenté le député. La saisie du produit de la mendicité diminue l'intérêt de cette activité, a-t-il expliqué. De plus, une norme cantonale permettrait de mieux lutter contre les réseaux de mendicité organisée.

Le cadre légal actuelle suffit à lutter contre les filières de mendiants, a estimé le conseiller d'Etat Philippe Leuba. La loi pénale vaudoise interdit déjà de faire mendier des mineurs et la loi fédérale punit l'exploitation de mendiants adultes.

En outre, les communes sont très diversement touchées par ce phénomène. Les mesures à prendre doivent rester de leur compétence, a fait valoir le libéral Jacques Haldy. Aucune commune vaudoise n'a d'ailleurs interdit la mendicité, selon le conseiller d'Etat.

Pas de délit de pauvreté

De nombreux députés se sont indignés de la proposition du député radical, y voyant une tentative de «criminaliser la pauvreté». «On ne peut pas interdire la misère», s'est emporté Jean-Michel Dolivo (A gauche toute!). «Les mendiants de nos rues sont pour l'essentiel de Roms, qui échappent au filet social vaudois», selon lui.

La mendicité agressive ou organisée doit être réprimée, mais tendre la main doit rester un droit. «Chacun reste libre de donner ou non», a conclu le socialiste Michel Cornut. Par 78 voix contre 43 et 11 abstentions, une majorité de députés s'est rangée à cet avis.

(ats)

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