Lausanne: Pas de bousculade pour succéder au procureur général vaudois

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LausannePas de bousculade pour succéder au procureur général vaudois

Le plus haut magistrat du canton va quitter son poste à la fin de l’année. Pour l’heure, seul un candidat brigue cette fonction très exposée.

par
Christian Humbert
Éric Cottier cédera son siège à la fin de l’année. Il avait été nommé en septembre 2005.

Éric Cottier cédera son siège à la fin de l’année. Il avait été nommé en septembre 2005.

AFP

Ils étaient six candidats en 2005. Il pourrait n’y en avoir qu’un en 2022: les juristes ne se bousculent pas pour occuper le fauteuil de procureur général du canton de Vaud. Il faut dire que le siège d’Éric Cottier est de plus en plus mouvant et que la fonction est très lourde, entre la gestion d’une administration d’une cinquantaine de magistrats et l’évolution des comportements et des lois.

Socialistes pas intéressés

Les attaques contre le plus haut magistrat du canton n’ont pourtant pas manqué ces derniers mois. Visiblement, contester est une chose, mais prendre une place aussi chronophage et exposée en est une autre. Jessica Jaccoud avait ainsi réclamé un coup de balai: l’avocate et députée socialiste rit lorsque son éventuelle candidature est évoquée. «Je n’y ai jamais songé.» L’ex-présidente du PS, remplacée le 25 juin, rappelle que le Grand Conseil est toujours à droite. C’est ce qui explique que la gauche ne présentera aucun candidat, ainsi que le confirme le président du groupe socialiste au Parlement, Jean Tschopp. Nouveau président du PS, Romain Pilloud complète: «C’est le profil qui nous intéresse, pas son parti.» Les candidats de dernière minute ont jusqu’à samedi pour s’annoncer. Une commission du Grand Conseil auditionnera les candidats avant de préaviser: une décision du Parlement suivra cet automne.

Quinquagénaire sur les rangs

Pour l’heure, une seule candidature est connue. Le PLR, dont est issu Éric Cottier, a auditionné trois magistrats, deux procureurs et le président du Tribunal cantonal. Le choix d’une commission interne s’est porté sur Éric Kaltenrieder. L’enfant de Morges, aujourd’hui âgé de 52 ans, a commencé une carrière d’avocat en 2001 avant de devenir juge cantonal en 2012. Il préside la plus haute autorité judiciaire du canton depuis 2018. Homme de dialogue, fan de sports, il est père de trois enfants. Il entretient une liaison avec une procureure. Marc-Olivier Buffat, avocat et président du PLR, n’y voit aucun problème si le juge devient le supérieur de son amie: «Les temps ont changé. Il y a pleine égalité entre les hommes et les femmes. Cela se passera comme lorsqu’un magistrat doit se prononcer sur le cas d’une connaissance: il se récusera.»

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