Vaud: Pas de cadeau aux petites formations politiques
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VaudPas de cadeau aux petites formations politiques

Le Grand Conseil vaudois s'est penché mardi sur une série de modifications concernant le fonctionnement du Parlement et le processus électoral.

Le parlement vaudois a refusé de faciliter l'élection des petites formations, craignant un émiettement des forces politiques. Pour avoir des élus au Grand Conseil, une liste doit atteindre au moins un quorum de 5% des voix. Pour passer ce seuil, certains petits partis s'allient, aboutissant parfois à «un mariage de la carpe et du lapin où les gens se mettent ensemble pour des motifs mathématiques», a regretté Laurent Ballif (PS).

Pour y remédier, la commission de modernisation du Grand Conseil proposait d'appliquer le quorum de 5% aux groupes de listes apparentées, et non aux listes séparées. Mais les grands partis, à savoir le PLR, l'UDC et une bonne partie du PS, ont refusé d'entrer en matière par 76 voix contre 55 et 1 abstention. Un deuxième débat doit encore se tenir.

Proliférations des partis

«Ce serait la mort du quorum. Et la prolifération des petites formations est source de blocages importants», a expliqué Jean-Marie Surer (PLR). Pour Nicolas Rochat Fernandez (PS), cela compliquerait le processus électoral et réduirait la clarté du choix de l'électeur.

«Nous ne sommes pas des faiseurs de blocages», a répliqué Axel Marion (PDC) qui note que «les grands partis redoutent la concurrence». «Si des partis sont surreprésentés, ce ne sont pas les petits partis mais les grands», a ajouté Cédric Pillonel (Verts), chiffres à l'appui.

Minorités minorisées

Le plénum est entré en matière sur le deuxième volet de la réforme, qui concerne les groupes politiques au Grand Conseil. Ici aussi le vote s'est fait contre l'avis des partis du centre, de La Gauche et des Verts, une nouvelle fois minorisés par 87 voix contre 26.

Désormais, les personnes élues sur une même liste devront figurer dans le même groupe au Grand Conseil, ce qui pourrait compliquer la donne pour les petites formations. Les députés ont toutefois renoncé à faire passer de cinq à sept le nombre minimum d'élus pour former un groupe politique, une proposition de l'UDC Pierre-Yves Rapaz jugée «arrogante».

Faire taire les minorités

«On ne supporte pas qu'il y ait des minorités dans un parlement, on veut les faire taire», s'est insurgé Jean-Michel Dolivo (La Gauche). «Il ne faut pas remettre en place un équilibre subtil qui existe depuis de nombreuses années», a fait valoir Jean-Marie Surer (PLR).

Autre nouveauté: désormais, aucun groupe ne pourra être créé ou dissous en cours de législature, comme cela s'est produit pour «La Gauche» suite au changement de parti d'un député socialiste.

Les petits partis, appuyés par les Verts, ont aussi échoué à conserver la garantie que chaque groupe politique puisse accéder aux commissions de gestion et des finances. «Ces commissions de surveillance jouent un rôle important. Toutes les sensibilités doivent y avoir accès», a plaidé en vain Axel Marion. (ats)

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