04.10.2020 à 20:54

KarabakhPas de cessez-le-feu sans retrait arménien

L’Azerbaïdjan conditionne l’arrêt des combats en cours dans l’enclave montagneuse du Nagorny au retrait des forces arméniennes. Le CICR condamne des bombardements de civils.

Les combats déclarés le 27 septembre  font craindre une guerre ouverte entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Les combats déclarés le 27 septembre font craindre une guerre ouverte entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

AFP

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a réclamé dimanche le retrait des forces arméniennes du Nagorny Karabakh, au huitième jour des combats opposant dans cette enclave montagneuse séparatistes arméniens et armée azerbaïdjanaise, et demandé des excuses à Erevan.

«Je n’ai qu’une seule condition» pour un cessez-le-feu, a déclaré M. Aliev dans une adresse télévisée à la nation. «Les forces armées (arméniennes, ndlr) doivent quitter nos territoires», a-t-il lancé, en demandant que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian «s’excuse devant le peuple azerbaïdjanais».

«Qu’il dise je vais retirer mes troupes des territoires occupés (...). Qu’il dise que le Karabakh, ce n’est pas l’Arménie», a poursuivi le président azerbaïdjanais.

«Plan précis»

Il a «finalement» réclamé que M. Pachinian définisse un «plan précis» de retrait arménien du Nagorny Karabakh. «Dans ce cas, nous allons restaurer le régime du cessez-le-feu», a promis M. Aliev, en insistant que l’Azerbaïdjan était en train de rétablir «la justice historique».

Le Nagorny Karabakh, majoritairement peuplé d’Arméniens, a fait sécession de l’Azerbaïdjan à la chute de l’URSS, entraînant une guerre au début des années 1990 qui a fait 30’000 morts. Le front y est quasiment gelé depuis malgré des heurts réguliers.

Les deux camps s’accusent de la reprise des hostilités le 27 septembre, une crise parmi les plus graves, sinon la plus grave, depuis le cessez-le-feu de 1994, faisant craindre une guerre ouverte entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Le CICR condamne les bombardements aveugles des zones peuplées

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a condamné dimanche les bombardements aveugles de zones peuplées dans le conflit du Karabakh, évoquant des «dizaines» de victimes civiles des deux côtés de la ligne de contact.

Cette condamnation intervient alors que séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise ont intensifié dimanche leurs bombardements, visant notamment la capitale indépendantiste et la deuxième ville d’Azerbaïdjan, au huitième jour de combats meurtriers.

Azerbaïdjanais et Arméniens, qui démentent systématiquement les succès militaires annoncés par l’adversaire, s’accusent aussi mutuellement de viser des civils.

«Le CICR condamne fermement les bombardements aveugles et autres attaques illégales présumées menées à l’aide d’armes explosives dans des villes et autres zones peuplées, faisant des victimes parmi les civils et leur infligeant de terribles blessures», a déclaré dans un communiqué Martin Schüepp, directeur régional du CICR pour l’Eurasie à Genève.

(AFP/NXP)

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