Actualisé 16.01.2015 à 15:55

France

Pas de «lien direct» entre Paris et la Belgique

Le Premier ministre français Manuel Valls a écarté vendredi tout «lien direct» à ce stade entre les attentats de Paris la semaine dernière et l'opération antiterroriste menée jeudi en Belgique.

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29.07 Abdelhamid Abaaoud, un Belge d'origine marocaine de 27 ans, qui avait revendiqué la préparation d'attentats en Belgique en février dernier, s'est vu infliger une peine de 20 ans.

29.07 Abdelhamid Abaaoud, un Belge d'origine marocaine de 27 ans, qui avait revendiqué la préparation d'attentats en Belgique en février dernier, s'est vu infliger une peine de 20 ans.

12.02 Abdelhamid Abaaoud, le «cerveau» présumé de la cellule démantelée en janvier en Belgique, revendique avoir «planifié» des attentats en Belgique et affirme avoir réussi à regagner la Syrie, dans une interview que lui attribue Dabiq, le magazine en anglais du groupe Etat islamique (EI).

12.02 Abdelhamid Abaaoud, le «cerveau» présumé de la cellule démantelée en janvier en Belgique, revendique avoir «planifié» des attentats en Belgique et affirme avoir réussi à regagner la Syrie, dans une interview que lui attribue Dabiq, le magazine en anglais du groupe Etat islamique (EI).

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21.01 La justice belge a décidé mercredi le maintien en détention préventive de trois personnes inculpées après l'opération antijihadiste menée la semaine dernière.

21.01 La justice belge a décidé mercredi le maintien en détention préventive de trois personnes inculpées après l'opération antijihadiste menée la semaine dernière.

Keystone/AP/Geert Vanden Wijngaert

Assaut contre une cellule devant passer à l'acte «sous quelques heures» en Belgique, coups de filet en Allemagne, arrestation en Autriche et interpellations en France en lien avec les attentats contre «Charlie Hebdo»: des opérations se sont multipliées depuis jeudi en Europe. Au total, 28 personnes ont été arrêtées.

La Belgique était sur le pied de guerre au lendemain d'un violent assaut de la police contre une cellule djihadiste à Verviers (est). Deux suspects sont décédés après avoir riposté à l'arme de guerre. Revenus récemment de Syrie, ils s'apprêtaient à commettre un attentat contre les services de police, selon le parquet fédéral. Les attaques étaient même prévues «sous quelques heures», selon plusieurs médias.

Treize personnes ont été arrêtées lors de 12 perquisitions et la Belgique va demander l'extradition de deux ressortissants belges interpellés en France. L'opération a également permis la saisie d'armes et d'explosifs ainsi que la découverte d'uniformes de la police. Vendredi matin, rien n'avait filtré sur l'identité ou le parcours des suspects.

Appel à l'armée

Suite à cette opération, le niveau de menace terroriste, qualifié de «grave», a été relevé d'un cran, à 3 sur une échelle de 4, pour l'ensemble du royaume. A Bruxelles, les postes de police ont été fermés et les commissariats filtraient les entrées. Dans plusieurs zones, les policiers étaient priés de ne pas se rendre sur la voie publique en uniforme sans arme et gilet pare-balles.

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé que la Belgique va faire appel à l'armée pour renforcer sa sécurité, alors que les militaires ne faisaient pas jusqu'à présent de maintien de l'ordre dans le pays. Cette mesure est une première depuis la vague d'attentats des Cellules communistes combattantes (CCC) dans les années 1980. M. Michel a souligné que ce déploiement pourrait se faire rapidement, c'est-à-dire «ce soir ou demain», et pour une période «temporaire» qui durera «tant que le gouvernement le jugera nécessaire».

Le chef du gouvernement belge a aussi souhaité qu'une série de décisions puissent être prises au niveau européen, lors du sommet prévu le 12 février à Bruxelles, citant le lancement d'une «liste unifiée des terroristes au niveau européen». La Commission européenne a de son côté annoncé avoir renforcé sa sécurité. Le niveau d'alerte a été augmenté.

Pas de lien

Les suspects arrêtés étaient sur écoute dans le cadre d'une enquête ouverte avant les massacres commis à Paris au nom de l'islam radical par les frères Chérif et Saïd al-Kouachi et Amédy Coulibaly. «Il n'y a pas de lien entre les attentats à Paris et ceux programmés en Belgique» ni «entre les filières», a toutefois insisté le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

A Berlin, une dizaine de perquisitions au sein de la «mouvance islamiste» ont été effectuées vendredi matin. Deux Turcs ont été arrêtés, dont l'un soupçonné de diriger un «groupe d'extrémistes» qui envisageait «un acte violent grave en Syrie» et l'autre s'occupait des finances de ce groupe. Mais la police n'a pas fait état «d'indice montrant que le groupe préparait des attentats en Allemagne».

Ces arrestations font suite à plusieurs mois d'enquête visant cinq ressortissants turcs âgés de 31 à 44 ans. Près de 250 policiers ont pris part à ces opérations.

Arrestation en France

La police autrichienne a elle interpellé vendredi à Vienne un jeune Turc de 14 ans. Il avait disparu mardi alors qu'il se trouvait sous contrôle judiciaire pour avoir voulu faire exploser une bombe dans un lieu public, a annoncé la police.

En France, l'enquête sur les attentats qui ont fait 17 tués la semaine dernière a rebondi avec l'interpellation de douze personnes dans la nuit de jeudi à vendredi en région parisienne. Ces personnes vont être interrogées sur le «possible soutien logistique» qu'elles sont susceptibles d'avoir apporté aux tueurs, notamment des armes et des véhicules, a dit une source judiciaire.

«La plupart sont connues des services de police pour des faits de droit commun», a indiqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Parmi les interpellés, qui ont été placés en garde à vue, figure un ami d'Amédy Coulibaly, connu pour des faits de braquage et arrêté à Grigny, selon une source policière. (afp)

La Commission européenne renforce sa sécurité

La Commission européenne a annoncé vendredi avoir renforcé sa sécurité au lendemain de la vaste opération menée en Belgique contre une cellule djihadiste qui s'apprêtait à commettre des attentats. Le niveau d'alerte a été augmenté.

Une porte-parole de l'exécutif européen, Mina Andreeva, a précisé que cette mesure passait notamment par l'accroissement des contrôles à l'entrée et des agents de sécurité.

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