Genève: Pas de lifting pour le musée
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GenèvePas de lifting pour le musée

L'agrandissement du Musée d'art et d'histoire a été refusé par 54% des votants. Partisans et détracteurs vont devoir discuter pour réaliser des travaux nécessaires.

par
Thomas Piffaretti

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Du passé, faisons table rase. Une majorité des électeurs de la Ville de Genève a enterré hier un projet lancé en 1998. Ils ont renoncé au programme de restauration et d'agrandissement du Musée d'art et d'histoire (MAH) de l'architecte Jean Nouvel, devisé à 131 millions de francs, dont la moitié aurait été financée par des fonds privés.

Le comité référendaire, qui s'0pposait à un dossier «mal ficelé», garde la tête froide, malgré une victoire probante. «L'objectif était de permettre à la population de se prononcer, souffle Alexandre Wisard, ancien élu Vert et membre du comité.

Maintenant il faut regarder vers l'avant et travailler tous ensemble, d'abord à la restauration du MAH, pour se donner ainsi du temps et réaliser enfin un agrandissement qui plaise à tout le monde.» Le Conseil administratif, qui soutenait le projet Nouvel,

souhaite lui aussi repartir de zéro rapidement dans une logique de concertation. En revanche, il ne souscrit pas au calendrier des référendaires. «Commencer par une rénovation sèche est la pire des solutions, estime le magistrat chargé de la culture, Sami Kanaan.

Ce serait du gaspillage et maintenir un bâtiment conçu

en 1910 dans du formol.» Restauration et modernisation

doivent se faire dans le même mouvement, dit-il. Quitte à fermer

temporairement le MAH, où les œuvres sont menacées

par des infiltrations d'eau toujours plus fréquentes.

Reste la question du financement. Le crédit de 65 millions

voté par le Conseil municipal est désormais caduque et

le principal donateur privé a annoncé son retrait du projet

(lire ci-contre).

Mécènes refroidis par le résultat du scrutin

Outre le projet architectural, jugé «disproportionné» par ses détracteurs, le financement des travaux, à moitié pris en charge par des privés, était également critiqué pour son manque de transparence. Hier, le principal

donateur, le collectionneur JeanClaude Gandur, a annoncé qu'il retirait son offre. Il avait promis d'apporter 40 millions de francs. «La campagne des opposants n'a pas forcément donné envie de s'engager», confirme l'ancienne

conseillère d'Etat Martine Brunschwig Graf, qui préside une fondation rassemblant une centaine de mécènes.

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