France: Pas de loi sur le «burkini», assure Cazeneuve
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FrancePas de loi sur le «burkini», assure Cazeneuve

Le ministre de l'Intérieur a balayé toutes possibilités de légiférer sur le burkini, alors que la polémique enfle depuis plusieurs jours.

photo: Kein Anbieter

Le gouvernement français n'entend pas légiférer sur la question des vêtements religieux à la plage, notamment du burkini. Une telle loi serait inconstitutionnelle, inefficace et cause de tensions, déclare le ministre de l'Intérieur dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien La Croix.

Vendredi, le Conseil d'Etat a mis un coup d'arrêt aux interdictions du burkini, une tenue de bain très couvrante. La plus haute juridiction administrative française a rappelé les maires au «respect des libertés garanties par les lois», recadrant toutes les municipalités ayant interdit en France le port de ces tenues de bain islamiques.

Cette décision n'a pas éteint la polémique qui agite la classe politique française. Des dirigeants du parti Les Républicains, dont Nicolas Sarkozy, et le Front National ont demandé une loi permettant aux municipalités françaises de prendre de tels arrêtés.

«Le gouvernement (...) refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace et de nature à susciter des antagonismes et d'irréparables tensions», déclare Bernard Cazeneuve.

A la veille d'une journée de consultations organisée lundi sous sa responsabilité à son ministère sur l'islam de France, il souhaite en revanche que les musulmans s'engagent en faveur de l'égalité hommes-femme.

Une fondation laïque

De façon plus générale, le ministre de l'Intérieur estime que la France «a plus que jamais besoin d'une relation apaisée avec les musulmans». Ce qui suppose que ces derniers «s'engagent dans une défense totale de la République face au terrorisme, face au salafisme».

Il revient par ailleurs sur la création de la Fondation pour l'islam de France, dont le premier président sera l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement.

Cette fondation laïque aura pour vocation non de financer le culte musulman mais de soutenir des projets dans les domaines de l'éducation, de la culture, de l'engagement des jeunes, de la recherche en islamologie. Elle bénéficiera de fonds publics pour son démarrage, précise-t-il.

«Contribution volontaire»

A côté de la fondation, le gouvernement propose la création d'une association cultuelle dirigée entièrement par des représentants de la communauté musulmane. Selon Bernard Cazeneuve, elle aura notamment pour mission de centraliser les financements nationaux pour la construction de mosquées et la formation théologique des imams.

«Nous souhaitons que transitent par elle des fonds dont elle garantira la transparence, non pas une taxe mais une contribution volontaire et négociée des acteurs de la filière halal, ainsi que les dons des fidèles», explique le ministre.

Bernard Cazeneuve réaffirme enfin que le gouvernement sera intraitable avec ceux qui, dans les mosquées, «appellent à la haine et provoquent au terrorisme».

Arrêtés d'expulsion

Selon le ministre de l'Intérieur, plus de 80 arrêtés d'expulsion ont ainsi été pris depuis 2012 et 15 expulsions ont été effectuées depuis le début de l'année, dont six en août.

Ces derniers mois, le gouvernement a également procédé à la fermeture d'une vingtaine de mosquées ou salles de prière radicalisées, dit-il. Par ailleurs, «d'autres dossiers sont en cours de traitement», ajoute Bernard Cazeneuve. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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