Présidentielle en Italie: Pas de majorité qualifiée pour Franco Marini
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Présidentielle en ItaliePas de majorité qualifiée pour Franco Marini

Aucun candidat au poste de président n'a été élu au premier tour de scrutin, le mieux placé Franco Marini, ne réussissant pas à atteindre la majorité des deux tiers requise.

L'ex-syndicaliste Franco Marini est soutenu par les deux principaux partis italiens.

L'ex-syndicaliste Franco Marini est soutenu par les deux principaux partis italiens.

L'Italie n'avait toujours pas de président jeudi en fin de journée. L'ex-syndicaliste Franco Marini, proposé par les principaux partis, n'a pas remporté l'élection au terme du premier tour de scrutin des 1007 «grands électeurs». D'autres votes sont prévus jusqu'à vendredi après-midi.

M. Marini a remporté 521 voix, soit la majorité absolue, mais il n'a pas obtenu la majorité indispensable des deux tiers (672 voix), requise lors des trois premiers tours de vote. A partir du quatrième, seule la majorité absolue est requise.

Son principal concurrent, Stefano Rodotà, un expert en droit constitutionnel proposé par les contestataires du Mouvement cinq étoiles (M5S), a obtenu un bon résultat avec 240 voix. Un score bien supérieur au nombre d'élus du M5S. Le reste des bulletins s'est dispersé entre blancs, nuls et des poignées de voix pour d'autres personnalités telles Romano Prodi ou Emma Bonino.

L'échec de M. Marini au premier tour a été accueilli par des applaudissements de manifestants de gauche. Ceux-ci étaient réunis devant le parlement pour soutenir M. Rodotà.

Vote crucial

Un second tour a débuté peu après 15h30 (heure suisse) au cours duquel les principaux partis ont décidé de voter blanc. Leur manoeuvre leur permet d'attendre le quatrième tour, prévu vendredi après-midi, à partir duquel seule la majorité absolue est requise.

Le parlement au grand complet et les représentants des régions ont entamé le scrutin jeudi à 10h00 (en Suisse). Leur vote est crucial pour sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il est embourbé depuis deux mois.

Tractations intenses

A l'issue d'intenses tractations, les deux principaux partis, le Parti démocrate (PD, gauche) et le Peuple de la Liberté (PDL, droite), se sont entendus mercredi sur le nom du démocrate-chrétien de gauche Franco Marini, 80 ans.

Président du Sénat de 2006 à 2008, M. Marini «sera en mesure d'assurer une convergence des forces de centre droit et de centre gauche», a estimé le leader du PD, Pier Luigi Bersani.

«Nous croyons que c'est la meilleure solution possible en ce moment (...) Marini n'est pas du centre droit, mais il a toujours démontré être au-dessus des partis», a affirmé de son côté Silvio Berlusoni à ses troupes du PDL.

Choix consensuel

Le camp du Cavaliere a exercé de fortes pressions sur M. Bersani pour qu'ils parviennent ensemble à un choix consensuel. Mais cette annonce d'un candidat de compromis entre PD et PDL a aussitôt suscité un tollé au sein de la gauche.

«C'est un candidat du siècle dernier, ce choix est une insulte pour le pays», a fustigé Matteo Renzi, maire de Florence et étoile montante du PD. En revanche, la Ligue du Nord, alliée de M. Berlusconi, et les centristes du chef de gouvernement sortant Mario Monti se sont ralliés au nom de M. Marini.

Pouvoirs limités

Dans la république parlementaire italienne, les pouvoirs du président sont limités. Mais cette année, l'enjeu est de taille en raison du blocage né des dernières élections législatives des 24 et 25 février, sans vainqueur clair.

La gauche a remporté la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat. Ce ce fait, M. Bersani n'a pas réussi à former un gouvernement.

Nouvelles élections?

Le président sortant, Giorgio Napolitano, qui a exclu de rempiler en raison de son âge, 87 ans, ne pouvait pas dissoudre le parlement et convoquer de nouvelles élections dans les six derniers mois de son mandat. Son successeur aura donc la difficile tâche de trouver la quadrature du cercle.

Comme son prédécesseur, il peut confier la tâche de former un gouvernement à M. Bersani dans l'espoir que celui-ci parvienne finalement à obtenir la confiance au Sénat grâce au vote de transfuges. Il peut faire appel à une autre personnalité, ou dissoudre le parlement et convoquer de nouvelles élections. (ats)

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