Affaire Breivik : Pas de nouvel examen psychiatrique
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Affaire Breivik Pas de nouvel examen psychiatrique

Parquet et défense de l'auteur des attaques du 22 juillet en Norvège ne souhaitent pas un nouvel examen psychiatrique d'Anders Behring Breivik, déclaré pénalement irresponsable.

Dans une lettre rendue publique mercredi par le tribunal d'Oslo, les avocats de Behring Breivik indiquent que leur client et eux-mêmes sont opposés à une nouvelle évaluation médico-légale sur la santé mentale de l'extrémiste qui avait tué 77 personnes l'été dernier.

«Une évaluation médico-légale très détaillée de l'accusé existe déjà», a noté Vibeke Hein Baera.

Dans une lettre distincte, les deux procureurs chargés de l'affaire ont également estimé qu'une nouvelle expertise psychiatrique n'était «pas nécessaire».

Schizophrénie paranoïde

Le 29 novembre dernier, deux experts-psychiatres mandatés par le tribunal d'Oslo avaient conclu que Behring Breivik souffrait de «schizophrénie paranoïde» et qu'il ne pouvait pas être tenu pour pénalement responsable de son geste.

Si cela devait être confirmé, l'auteur des attaques les plus sanglantes commises en Norvège depuis la Seconde guerre mondiale encourrait vraisemblablement une condamnation à un internement psychiatrique plutôt qu'à une peine de prison à l'issue de son procès censé débuter le 16 avril.

Jugées insultantes par l'intéressé mais confirmées le mois dernier par une commission médico-légale, les conclusions des deux experts avaient fait des vagues, de nombreuses voix soulignant la minutie avec laquelle Breivik avait projeté ses attaques pendant plusieurs années et la froideur avec laquelle il les avait exécutées.

Des avocats des victimes ont d'ores et déjà demandé une nouvelle expertise psychiatrique.

D'autant que, selon la chaîne «TV2» Nyhetskanalen, des psychologues et psychiatres chargés du suivi de Behring Breivik en prison ont dit ne pas avoir relevé chez lui de signes de «schizophrénie paranoïde».

Décision finale mi-janvier

Le tribunal d'Oslo a donné jusqu'à jeudi à toutes les parties pour communiquer leur position sur la pertinence d'un nouvel examen psychiatrique.

Il devrait ensuite prendre une décision sur ce point vers la mi-janvier.

Hostile à l'islam et au multiculturalisme en Europe, Behring Breivik avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement norvégien, puis avait fait feu pendant plus d'une heure sur des centaines de jeunes travaillistes réunis en camp d'été sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo. (ap/afp)

Quatre experts contredisent l'évaluation psychiatrique d'Anders Breivik

Anders Behring Breivik n'était pas dément lorsqu'il a commis l'attentat et le massacre qui ont fait 77 morts le 22 juillet dernier en Norvège, selon les conclusions de quatre experts remettant en cause l'évaluation psychiatrique transmise à la justice.

Ces experts, trois psychologues et un psychiatre, se sont entretenus avec Breivik. Selon ces spécialistes sollicités par l'administration pénitentiaire et cités mercredi par la chaîne de télévision norvégienne TV2, le Norvégien est bien responsable pénalement et ne relève pas des services psychiatriques.

Les conclusions des quatre experts contredisent le rapport rendu le 29 novembre par deux psychiatres mandatés par la justice. Ils ont estimé que Breivik souffre de schizophrénie paranoïde et était en état de démence au moment des faits. Le procureur Svein Holden a déclaré à TV2 que les nouveaux éléments d'information seraient présentés cette semaine à la justice.

Breivik a reconnu avoir commis l'attentat à la voiture piégée devant le siège du gouvernement à Oslo puis avoir perpétré le massacre sur l'île d'Utoya où se tenait un camp d'été des jeunesses travaillistes.

Mais il rejette toute culpabilité de crimes terroristes, affirmant être le commandant d'un mouvement de résistance norvégien luttant contre le multiculturalisme et l'immigration. Les enquêteurs n'ont pas trouvé la trace d'un tel mouvement et pensent que Breivik a agi seul.

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