Bâle: Pas de place en clinique: pédophile en liberté

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BâlePas de place en clinique: pédophile en liberté

Un délinquant sexuel récidiviste, qui a abusé de plusieurs enfants dans le passé, a été condamné en mars à une thérapie en institution psychiatrique. Mais il n'a toujours pas été interné.

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ofu/20minuten

Dans un film réalisé par le Bâlois Alain Godet, le pédophile récidiviste Chirstoph Egger explique son choix de se faire castrer chimiquement (voir encadré). Son témoignage a été relayé mardi par la «Basler Zeitung» ainsi qu'un grand nombre de médias.

Mercredi, on apprend que ce Bâlois a été condamné le 14 mars dernier, en raison du grand risque de récidive, à un «petit internement» sous forme d'une thérapie en institution psychiatrique par le Tribunal fédéral. Mais Christoph Egger est actuellement toujours en liberté. La raison? Toutes les cliniques sont pleines. «Nous attendons qu'une place de thérapie se libère», confirme le Département de justice bâlois.

Alors que la Suisse est toujours sous le choc du drame d'Adeline, les autorités bâloises ne parviennent pas à expliquer pourquoi un pédophile récidiviste condamné vit en liberté depuis plusieurs mois. Contactés, le Ministère public, le Tribunal des mesures de contraintes, la Cour d'appel cantonale et l'autorité d'exécution des peines se renvoient la faute.

«C'est une situation intolérable. Je n'arrive pas à comprendre qu'on ne trouve pas de place pour une personne autant dangereuse, surtout après ce qui s'est passé dernièrement à Genève», s'énerve le conseiller national Jakob Büchler (PDC/SG). Un avis partagé par l'élu Sebastian Frehner (UDC/BS): «C'est un scandale. La Suisse, qui est un des pays les plus riches au monde, n'arrive pas à placer un délinquant sexuel récidiviste.»

Plusieurs garçons abusés

Il y a 20 ans, Christoph Egger a été condamné à 8 ans de prison pour avoir abusé sexuellement de plusieurs bambins âgés entre 9 et 15 ans. Il ne les a jamais violés. Entre 2008 et 2009, le Bâlois a récidivé. Il s'est exhibé nu sur internet et a poussé des adolescents à se masturber. La justice l'avait alors condamné à une peine de prison d'un an. C'est à ce moment-là qu'il a opté pour la castration chimique. Depuis, il doit prendre un médicament, le Lucrin, qui annihile ses pulsions. «Je ne ressens plus d'excitation quand des jeunes s'assoient à côté de moi», explique-t-il dans la «Basler Zeitung».

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