Pas de place pour enfermer les délinquants mineurs
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Pas de place pour enfermer les délinquants mineurs

Le Tribunal des mineurs ne trouve plus de lieux adéquats pour placer en milieu fermé les mineurs récidivistes

Si le nombre d'infractions traitées par le Tribunal des mineurs est resté stable en 2007, certains taux explosent depuis dix ans: +297% d'infractions corporelles et contre la vie, +400% contre l'honneur (injures). Quant aux délais pour traiter un dossier, ils sont restés «raisonnables».

92% des mineurs ont été jugés en moins d'un an, 70% en moins de six mois. «Un acte délictueux ne reste pas sans conséquence avant le jugement, insiste le premier président du Tribunal des mineurs, Alain Meister. Un jeune peut déjà faire l'objet d'un suivi ou d'un placement provisoire. Mais il est vrai que nous rencontrons des difficultés à placer en milieu fermé.» Il n'y a pas d'institution spécifique pour les jeunes filles délinquantes. Quant aux garçons, les juges ne trouvent pas de place pour eux avant le mois de septembre 2008.

Conseiller d'Etat en charge du domaine pénitentiaire, Philippe Leuba confirme le manque de places en milieu fermé aux niveaux vaudois et romand. «Comme première réponse à ce problème, nous inaugurons, début avril, une aile entière de la prison La Croisée, à Orbe, pour n'accueillir que des mineurs en préventive. Et je suis à bout touchant pour décrocher un lieu dans une commune où construire un établissement d'une cinquantaine de places. Budgétisé à environ 40 millions, il accueillera garçons et filles en préventive et en application des peines. Palézieux, Orbe et une 3e ville sont sur les rangs.»

Frédéric Nejad

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