Bâle-Campagne: Pas de plâtre en dehors des heures de bureau

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Bâle-CampagnePas de plâtre en dehors des heures de bureau

Un garçon s'est cassé le bras, fin mai à Liestal. Il a dû attendre trois jours avant de se faire plâtrer, car le spécialiste de l'hôpital cantonal était déjà parti en week-end. Une situation sans risque pour le patient tant que l'os est stabilisé, assurent les médecins.

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lha/ofu
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Le fils de Josep, âgé de 12 ans, a dû attendre trois jours pour se faire plâtrer le bras.

Le fils de Josep, âgé de 12 ans, a dû attendre trois jours pour se faire plâtrer le bras.

Privé
La personne s'occupant des plâtres était déjà partie en week-end.

La personne s'occupant des plâtres était déjà partie en week-end.

Helmut Fohringer/Symbolbild
Privat

«Je me demande bien pourquoi je paie des impôts!» Josep C., un père de famille de Liestal (BL), ne décolère pas. Le vendredi 25 mai, il a dû se rendre aux urgences de l'hôpital cantonal parce que son fils s'était cassé le bras en jouant au foot. Le médecin qui a pris en charge son enfant de 12 ans a décidé qu'il devait porter un plâtre pendant trois semaines. Or, comme il était plus de 18h, le spécialiste était déjà parti en week-end. «Un hôpital cantonal sans personne pour plâtrer un os cassé en fin de semaine, c'est possible?», s'interroge l'Espagnol, toujours incrédule.

Selon «20 Minuten», le garçon a dû attendre trois jours pour enfin recevoir son plâtre.

Solution en cas d'urgence

Contacté par nos confrères, l'hôpital cantonal confirme que son plâtrier ne travaille que du lundi au vendredi. Que ces personnes ne soient pas disponibles 24 heures sur 24 serait tout à fait habituel, comme dans les autres hôpitaux de Suisse. En cas d'extrême urgence, il est néanmoins possible qu'un orthopédiste pose un bandage spécial, précise une porte-parole de l'hôpital cantonal de Bâle-Campagne. Et d'ajouter: «Indépendamment de cette affaire, les urgences et le service orthopédique sont actuellement en train d'élaborer un nouveau concept en ce qui concerne les plâtres.»

L'hôpital souligne finalement que la santé du patient n'a jamais été mise en danger. Le plus important, dans ce type de situation, c'est la stabilisation de l'os fracturé. Ceci se fait par exemple par le biais d'une attelle, comme cela a été le cas ici.

Même situation à Bâle-Ville

Un coup d'oeil sur le canton voisin, celui de Bâle-Ville, montre que le garçon aurait également dû patienter avant de se faire plâtrer. Le service en question est lui aussi uniquement ouvert du lundi au vendredi. Le porte-parole Tomas Pfluger souligne qu'il n'est pas nécessaire de plâtrer immédiatement. Il note par ailleurs que dans la majorité des cas, la pose d'un plâtre définitif le jour même est impossible en raison des enflures.

A Neuchâtel aussi, le service des plâtres n'est ouvert qu'aux jours ouvrables, de 8h à 17h. Le porte-parole de l'hôpital cantonal, Pierre-Emmanuel Buss, précise qu'en dehors de ces heures, il existe des alternatives comme la pose d'attelles. «Elles sont souvent posées en traitement de première intention avant la pose du plâtre définitif circulaire, car un membre fracturé va provoquer une réaction inflammatoire. Dans ces conditions, la pose de plâtre n'est pas indiquée. Cela risque de faire compression et causer des problèmes de peau avec des plaies et une mauvaise vascularisation.»

«Les fractures ouvertes doivent être traitées en urgence»

Dans le canton de Fribourg, le service de plâtrier est ouvert les jours ouvrables, de 7h à 18h30. Selon Jeannette Portmann, chargée de communication, il est possible de stabiliser un os cassé avec l'aide d'une attelle, d'un plâtre fendu ou d'un plâtre provisoire s'il ne peut pas être plâtrer immédiatement. Elle rappelle néanmoins: «Une fracture peut être traitée dans un certain délai, hormis les fractures graves de type ouverte ou les fractures graves avec lésions vasculaires ou nerveuses qui doivent être traitées en urgence.»

Système de garde d'urgence à Genève

Aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), un système de garde d'urgence est mis en place tous les soirs et les week-ends, explique les services de presse des HUG. «Les salles des plâtres des HUG fonctionnent de 7h30 à 19h, du lundi au vendredi, et un système de garde d'urgence est mis en place tous les soirs et les week-ends. Toutes les fractures sont donc prises en charge et soignées 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.»

Tout comme ses collègues alémaniques, elle précise: «Ne pas soigner immédiatement un os cassé ne représente la plupart du temps pas de risques graves pour le patient, excepté si la fracture a provoqué une atteinte à un nerf. Par contre, retarder l'immobilisation peut compliquer la récupération et est évidemment problématique en termes de douleurs pour le patient. Dans l'attente d'un plâtre, il est possible de poser une attelle pour stabiliser la fracture.»

Servic 24 heures sur 24 à Sion (VS)

Contacté, Joakim Faiss, porte-parole de l'Hôpital du Valais, explique à son tour: «A Sion, le service de plâtres est assuré 24 heures sur 24. Un plâtrier spécialisé est présent tous les jours de 9h à 19h et jusqu'à 21h30 le week-end. En dehors de ces heures, la majorité des infirmiers-ères est capable de réaliser un plâtre simple. Les plâtres plus complexes, faisant par exemple appel à des substances spéciales, restent l'apanage du plâtrier.»

A la question de savoir s'il est dangereux de ne pas plâtrer immédiatement un os cassé, il répond: «Il n'est pas possible de répondre de manière générale à cette question, car cela dépend du type de fracture. L'immobilisation fait partie du traitement des fractures, mais elle peut parfois se faire sans plâtre et il est même possible de marcher avec certaines fractures bien définies.»

C'est la stabilisation qui compte

Le CHUV à Lausanne dispose de deux endroits pour les plâtres: les urgences et le service d'orthopédie et de traumatologie. «Aux urgences, ouvertes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les patients peuvent se faire poser un premier plâtre. Il s'agit alors souvent de plâtres d'immobilisation provisoire qui ne sont pas fermés ou alors simplement d'attelles. Les plâtres définitifs, eux, sont réalisés par des spécialistes au centre de traumatologie, qui est ouvert du lundi au vendredi. Il s'agit ici de plâtres plus complexes et définitifs», précise Olivier Borens, médecin chef de l'unité de traumatologie et orthopédique. «En raison des enflures, il est extrêmement rare qu'un patient reçoive un plâtre définitif le jour même de l'accident. Dans l'immédiat, c'est la stabilisation du membre lésé qui compte», ajoute-t-il.

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