Actualisé 06.07.2015 à 12:27

Saint-GallPas de procédure contre le fan déguisé en juif

Le fan du FC Lucerne, qui avait défilé à Saint-Gall, déguisé en juif avant un match de son équipe contre le club local, n'a pas violé la norme pénale contre le racisme.

1 / 3
Dimanche 15 février à Saint-Gall juste avant le match de la Super League opposant le FC Lucerne à celui de Saint-Gall. En se rendant au stade, les supporters du club lucernois ont fait semblant de chasser un faux Saint-Gallois déguisé en juif.

Dimanche 15 février à Saint-Gall juste avant le match de la Super League opposant le FC Lucerne à celui de Saint-Gall. En se rendant au stade, les supporters du club lucernois ont fait semblant de chasser un faux Saint-Gallois déguisé en juif.

www.fan-fotos.ch
Le FC Lucerne s'est rapidement distancié des agissements de ses supporters. Dimanche dernier (22 février), les joueurs ont brandi une affiche dénonçant la discrimination et l'antisémitisme avant leur rencontre avec le FC Aarau.

Le FC Lucerne s'est rapidement distancié des agissements de ses supporters. Dimanche dernier (22 février), les joueurs ont brandi une affiche dénonçant la discrimination et l'antisémitisme avant leur rencontre avec le FC Aarau.

Keystone/Urs Flüeler
Le procureur de Saint-Gall, Thomas Hansjakob, envisage d'ouvrir une enquête.

Le procureur de Saint-Gall, Thomas Hansjakob, envisage d'ouvrir une enquête.

Keystone/Ennio Leanza

Le 15 février dernier, un cortège de fans lucernois se déplaçait depuis la gare en direction du stade du FC St-Gall. A sa tête, un supporter déguisé en juif orthodoxe. Derrière lui, d'autres fans qui scandent brièvement: «Et ils vont tomber, les juifs de St-Gall!». Leur but: provoquer les fans st-gallois que certains fans lucernois qualifient de «juifs» depuis longtemps déjà.

Avant d'entrer dans le stade, un camarade lucernois feint de frapper le fan déguisé avec un bâton. Il ne sera jamais identifié, contrairement au faux juif et à deux de ses complices.

Selon le Ministère public st-gallois, utiliser le terme de «juif» viole la norme pénale antiracisme lorsque l'on alimente un cliché au nom d'une idéologie nazie ou fasciste et refuse aux juifs le droit d'exister. «Ce n'était pas le cas dans cette affaire», indique lundi l'autorité d'enquête.

Les protagonistes devront toutefois payer les frais d'enquête policière de 300 francs. Cette action a en effet eu un effet blessant sur les juifs et les personnes qui respectent les droits de l'homme, même s'il elle n'a pas franchi les limites de la légalité, estime le Ministère public. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!