Grèce: Pas de remboursement, pas de fonds du FMI
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GrècePas de remboursement, pas de fonds du FMI

La Grèce sera privée d'accès aux fonds du FMI si elle met à exécution sa menace de ne pas rembourser l'institution, a mis en garde jeudi un porte-parole du Fonds monétaire international.

«Tout pays qui n'honore pas ses engagements envers le Fonds (...) est déclaré en situation d'arriérés de paiement et n'a pas accès aux financements du FMI», a déclaré William Murray lors d'une conférence de presse à Washington. «Nous sommes responsables des ressources mises en commun par 188 pays (membres du FMI). C'est la raison pour laquelle il est important pour les pays de rembourser le Fonds parce qu'ils empruntent auprès de 187 autres pays», a-t-il expliqué.

Le ministre de l'Intérieur grec a récemment assuré que son pays ne rembourserait pas les 1,6 milliard de dollars dus en juin au Fonds monétaire international à l'heure où Athènes cherche à conclure un accord avec ses créanciers pour obtenir le versement d'une nouvelle tranche de prêts et éviter la banqueroute. Le Premier ministre Alexis Tsipras et l'équipe des ministres en charge des négociations avec les créanciers n'ont toutefois jamais annoncé qu'un paiement ne se ferait pas. «Au moment où nous parlons, nous nous attendons ce que les autorités grecques nous payent», a assuré le porte-parole du FMI.

Les prêts dus à l'institution sont liés aux deux plans d'aide internationaux totalisant 240 milliards d'euros qu'Athènes a reçus depuis 2010 du FMI, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne. Le porte-parole du Fonds a par ailleurs indiqué qu'Athènes n'avait pas demandé de regrouper les différents paiements dus tout au long du mois de juin afin de se donner un peu plus de temps. «Il n'y a pas eu de demande de regroupement», a indiqué M. Murray.

Le gouvernement grec espère qu'un accord avec ses créanciers, UE et FMI, sur l'avenir financier du pays lourdement endetté, serait finalisé d'ici dimanche. Mais la Commission a aussitôt relativisé cet optimisme. «Les discussions continuent avec les Grecs mais il reste encore du travail à accomplir», a estimé pour sa part le porte-parole du Fonds jeudi.

M. Murray a également pris quelques distances avec le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, qui a affirmé mercredi que la zone euro survivrait à une sortie de la Grèce de la zone euro. «Concernant la zone euro, cela pourrait évidemment avoir un impact négatif sur la confiance et les risques ne doivent pas être sous-estimés», a déclaré le porte-parole, tout en répétant que le Fonds ne privilégiait pas le scénario appelé «Grexit».

(afp)

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