Arménie-Turquie: Pas de réouverture immédiate des frontières
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Arménie-TurquiePas de réouverture immédiate des frontières

L'accord intervenu entre la Turquie et l'Arménie sur l'établissement de relations diplomatiques n'aura pas pour effet immédiat une ouverture de la frontière entre les deux pays voisins.

C'est ce qu'a indiqué tard lundi le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu.

«Pour l'heure une ouverture de la frontière n'est pas envisagé et n'est pas la priorité», a-t-il dit à la chaîne d'information NTV. Le ministre a souligné qu'une normalisation des rapports avec Erevan s'inscrivait dans la «vision régionale de la Turquie d'établir la paix au Caucase».

Dans des propos tenus lundi soir et rapportés mardi par le journal «Hürriyet», M. Davutoglu a estimé que l'accord conclu entre les deux pays comprenait également la création d'un comité mixte d'historiens chargé de faire la lumière sur les massacres d'Arméniens sous l'empire ottoman (1915-1917).

La Turquie refuse de reconnaître ces événements comme un génocide et qui sont au coeur d'un différend entre les deux Etats.

Comité d'historiens

De source turque on précise que la Turquie et l'Arménie devraient avancer graduellement vers l'ouverture de missions diplomatiques réciproques en nommant dans un premier temps des chargés d'affaires.

Dans un communiqué commun, les ministères des Affaires étrangères des deux pays ont annoncé lundi que l'Arménie et la Turquie étaient convenues d'entamer «des consultations politiques internes» sur deux protocoles, l'un sur l'établissement de relations diplomatiques et l'autre sur le développement de liens bilatéraux, un processus censé être terminé d'ici la mi-octobre.

La frontière entre les deux pays doit être ouverte «dans les deux mois» qui suivront la mise en oeuvre des protocoles, a précisé le ministère arménien des Affaires étrangères.

Pas de relations depuis 1991

Ankara n'entretient pas de relations diplomatiques avec Erevan depuis l'indépendance de l'Arménie en 1991 en raison de divergences sur la question des massacres d'Arméniens.

En outre, la Turquie a fermé sa frontière avec l'Arménie en 1993 en soutien à l'Azerbaïdjan, Bakou étant en conflit avec Erevan pour le contrôle de la région du Nagorny Karabakh, enclave peuplée d'Arméniens en territoire azerbaïdjanais.

(ats)

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