Corée du Nord: Pas de signe d'un essai nucléaire imminent
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Corée du NordPas de signe d'un essai nucléaire imminent

Pyongyang se prépare-t-il à effectuer un double essai missile/bombe nucléaire dans les prochains jours? L'information tombée lundi matin a été ensuite démentie par Séoul.

Pyongyang, qui a récemment installé deux missiles de moyenne portée sur sa côte est, pourrait effectuer un tir d'essai cette semaine, a affirmé dimanche un haut responsable sud-coréen. Le Japon a averti qu'il abattrait tout missile nord-coréen qui viserait son territoire.

D'après Kim Jang-Soo, conseiller pour la sécurité nationale de la présidente Park Geun-Hye, Pyongyang pourrait effectuer cet essai autour du 10 avril, date à laquelle le régime communiste a indiqué ne plus pouvoir garantir la sécurité des missions diplomatiques étrangères.

Furieuse du nouveau train de sanctions adopté par l'ONU après son nouvel essai nucléaire début février et des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, la Corée du Nord a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses.

Elle a transporté en train, en début de semaine dernière, deux missiles Musudan et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir, selon Séoul. Le Musudan, montré publiquement pour la première fois à l'occasion d'un défilé militaire en octobre 2010, aurait une portée théorique de 3000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon.

L'engin pourrait toucher des cibles à 4000 km en cas de charge légère, et donc, en principe, frapper Guam, île du Pacifique située à 3380 km de la Corée du Nord et où se trouvent 6000 soldats américains.

Destroyers japonais

Alerté, le Japon a ordonné à ses forces armées d'abattre tout missile nord-coréen qui viserait son territoire, a annoncé lundi un porte-parole du ministère de la défense. L'ordre, donné par le ministre japonais de la défense Itsunori Onodera, va se traduire notamment par le déploiement en mer du Japon de destroyers équipés du système d'interception Aegis, a précisé le porte-parole.

«Nous ne tiendrons pas de conférence de presse spéciale car nous n'entendons pas être sous l'emprise des provocations nord-coréennes, et la Corée du Nord aurait des indications sur notre stratégie si nous donnions des détails en public», a poursuivi ce porte-parole sous couvert de l'anonymat.

«Il n'existe pas une grande probabilité que ce missile vise le Japon, mais nous avons décidé de nous préparer à toute éventualité», a indiqué une source gouvernementale à l'agence Kyodo.

«Il n'y a aucun signe (de préparatifs pour) une guerre à grande échelle pour l'instant mais le Nord doit s'attendre à des représailles en cas de guerre localisée», a prévenu pour sa part Kim Jang-Soo.

Washington avait annoncé samedi avoir reporté un essai de Minuteman 3, missile balistique intercontinental à ogive nucléaire, qui devait être tiré cette semaine depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie.

Selon un responsable américain de la Défense, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a décidé ce report afin d'éviter que l'essai «puisse être considéré comme exacerbant la crise en cours avec la Corée du Nord».

Mise en garde chinoise

Par mesure d'apaisement et afin de laisser à Pyongyang la seule responsabilité de l'escalade, Washington avait annoncé samedi le report d'un essai de Minuteman 3. Ce missile balistique intercontinental à ogive nucléaire devait être tiré cette semaine depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie.

Pékin, seul allié de poids du régime nord-coréen, a implicitement adressé une sévère mise en garde à son voisin dont l'économie exsangue vit sous perfusion chinoise. «Personne ne devrait être autorisé à précipiter dans le chaos une région, et à plus forte raison le monde entier, par égoïsme», a lancé dimanche le président chinois Xi Jinping, sans toutefois nommer ni la Corée du Nord, ni du reste les Etats-Unis. (ats)

Séoul rectifie le tir

Le ministère sud-coréen de la Défense a assuré aujourd'hui que rien ne lui laissait penser que la Corée du Nord serait sur le point de procéder à un quatrième essai nucléaire souterrain. "Nous n'avons pas relevé de mouvements inhabituels qui nous laisseraient penser que (la Corée du Nord) a l'intention de procéder à un essai nucléaire", a déclaré un porte-parole du ministère.

Éviter toute nouvelle provocation

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé lundi la Corée du Nord à éviter toute «nouvelle provocation» alors que Séoul a assuré plus tôt dans la journée que son voisin du Nord se prépare à effectuer un tir d'essai de missile balistique et un 4e test nucléaire. «Je les appelle d'urgence à ne pas prendre de mesures qui seraient une nouvelle provocation», a-t-il déclaré à la presse à la suite d'une rencontre à La Haye avec le ministre néerlandais des Affaires étrangères Frans Timmermans.

Stratégie américaine de représailles proportionnées en réponse à Pyongyang

Les Etats Unis et la Corée du sud ont établi une stratégie de représailles proportionnées aux actions de la Corée du Nord afin de prévenir une escalade vers une guerre ouverte, selon le New York Times. Citant des responsables américains sous couvert d'anonymat, le journal explique dimanche soir que ce nouveau plan de «contreprovocation» a pour but de «répondre de la même façon», immédiatement mais proportionnellement, à la Corée du Nord si elle décide de lancer une attaque terrestre ou un missile. Selon ce plan, la réponse à une attaque nord-coréenne se ferait avec des armes identiques, précise le New York Times. Si la Corée du Nord venait à bombarder des installations militaires sur une île sud-coréenne, le plan prévoit que Séoul réplique avec un tir de barrage d'artillerie de même intensité, ajoute le quotidien américain.

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