Justice: Pas de traitement spécial pour les prisonniers âgés
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JusticePas de traitement spécial pour les prisonniers âgés

Un Vaudois aura au moins 80 ans quand il comparaîtra pour la mort de sa femme. Il risque de finir sa vie en détention.

par
Christian Humbert

«Sa cellule sera son tombeau.» Ce constat terrible est celui de l'avocate genevoise du plus vieux détenu de Suisse. En 2013, le Tribunal fédéral a refusé de le libérer malgré un cancer. Il est mort l'année suivante, à 90 ans.

Dans le canton de Vaud, le sort d'un homme de 79 ans, suspecté d'avoir tué son épouse (lire encadré), est tout aussi sombre. «Ses conditions de détention sont les mêmes que celles des autres détenus, note son défenseur. Il a accès à un médecin et aux médicaments. Mais il n'y a pas de dispositions légales permettant de modifier ces conditions. En cas de nécessité, le médecin peut décider d'une hospitalisation en chambre cellulaire.» Qu'il soit prévenu de meurtre ou d'assassinat suivant les conditions du décès, lesquelles ne sont pas encore officiellement établies, le suspect aura au moins 80 ans lorsqu'il comparaîtra. Il risque une peine de prison allant de plusieurs années à la perpétuité.

Une étude des universités de Berne et de Fribourg, datant de 2016, préconise que les détenus ne finissent pas leurs jours en prison, dont les employés ne sont pas formés à la prise en charge des personnes âgées. «Ils font face à un dilemme: d'un côté, ils doivent surveiller les détenus et, d'un autre, ils devraient aussi les encadrer et les soigner. Mais cet aspect a des limites. Pour des raisons professionnelles, les employés ne touchent pas les détenus, ce qui est en contradiction avec les exigences des soins aux personnes âgées», notent les auteurs de l'étude.

Or les prisons suisses comptent plus de 600 détenus âgés de plus de 50 ans, dont une trentaine de plus de 70 ans.

Il a cherché à faire croire à un suicide

Le 21 avril, à Corsier-sur-Vevey(VD), un promeneur a trouvé un conteneur renfermant un corps en décomposition. Il a été identifié comme étant celui d'une septuagénaire, dont le mari avait signalé la disparition, fin 2016. La voiture de la retraitée avait été laissée au bord du Rhône pour faire croire à un suicide. Confronté aux preuves, l'époux de 79 ans a avoué. «Le mobile et les causes du crime ne sont pas encore clairs», précise la procureure Moira Paternoster.

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