Syrie: Pas encore de date fixée pour «Genève II»
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SyriePas encore de date fixée pour «Genève II»

Aucune date n'est encore fixée pour la conférence de paix sur la Syrie Genève II, a affirmé mardi au terme d'une journée de discussions le représentant spécial de l'ONU Lakhdar Brahimi.

«Nous espérions pouvoir vous annoncer la date de la conférence. Malheureusement ce n'est pas le cas. Mais nous continuerons de faire des efforts pour voir si nous pouvons réunir la conférence avant la fin de l'année», a affirmé à la presse le représentant spécial de l'ONU et de la Ligue arabe.

Une nouvelle rencontre préparatoire tripartite entre M. Brahimi, les Etats-Unis et la Russie aura lieu à Genève le 25 novembre, a précisé le représentant spécial.

Désunion de l'opposition

Il a clairement indiqué que la désunion de l'opposition est le principal obstacle sur la voie de la convocation de la conférence de paix. «Nous lui demandons de venir avec une délégation crédible. Les différentes parties de l'opposition sont en contact, elles doivent décider», a dit M. Brahimi.

«J'espère que d'ici le 25 novembre la réunion que l'opposition doit tenir les 22 et 23 novembre donnera des résultats», a-t-il ajouté. Une position commune de l'opposition serait «un grand pas en avant» vers une conférence de paix, a-t-il fait remarquer. «La conférence doit avoir lieu sans condition préalable», a ajouté M. Brahimi.

Le principal point de blocage reste le sort du président syrien Bachar al-Assad pendant la période de transition. L'opposition réclame des garanties sur son départ, alors que, lundi, le ministre syrien de l'information a averti que le régime de Damas ne comptait pas participer à la conférence de Genève «pour remettre le pouvoir».

Participation de l'Iran

La question de la participation de l'Iran doit encore être discutée, a aussi indiqué M. Brahimi. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait répété plus tôt dans la journée que la participation de l'Iran à la conférence est indispensable.

«Tous ceux qui ont une influence sur la situation doivent absolument être invités à la conférence. Cela inclut les voisins de la Syrie, presque tous les pays du Golfe persique, pas seulement les pays arabes mais aussi l'Iran», avait dit M. Lavrov.

Lakhdar Brahimi a néanmoins répété qu'il espère toujours réunir la conférence cette année. De source diplomatique, on évoquait la possibilité de la réunir à la fin décembre. Les Etats-Unis, la Russie et le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe s'efforcent de réunir cette conférence depuis le mois de mai dernier, à la suite de l'échec du réglement proposé lors de «Genève I» le 30 juin 2012.

M. Brahimi s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec la secrétaire d'Etat américaine adjointe Wendy Sherman et les vice-ministres russes des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov et Gennady Gatilov. Cette rencontre a ensuite été élargie aux trois autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU la Chine, la France et la Grande-Bretagne.

Puis, les pays voisins de la Syrie l'Irak, la Jordanie, le Liban et la Turquie ont été associés à la discussion. M. Brahimi a enfin rencontré le CICR et les agences de l'ONU pour discuter de la situation humanitaire.

Dégradation de la situation humanitaire

Le médiateur de l'ONU a averti que la situation humanitaire continue de se dégrader de jour en jour. Selon de nouvelles évaluations du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), plus de 40% de la population syrienne a désormais besoin d'aide: 9,3 millions de Syriens doivent être secourus à l'intérieur du pays, dont parmi eux 6,5 millions sont des déplacés.

Ces chiffres ne comprennent pas les réfugiés syriens à l'extérieur du pays, soit 2,3 millions de personnes, a précisé le porte-parole d'OCHA à Genève Jens Laerke. Le total des Syriens touchés par le conflit, avec les réfugiés, avoisine désormais les 12 millions de personnes.

La précédente évaluation de l'ONU datait du mois de juin. A cette époque, l'ONU avait indiqué que 6,8 millions de personnes avaient besoin d'aide en Syrie, dont 4,25 millions de déplacés. L'appel d'1,4 milliard de dollars lancé par l'ONU pour les besoins en Syrie est financé à hauteur de 57%. (ats)

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