Pas nulles les filles en maths
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Pas nulles les filles en maths

Pas nulles, mais découragées. Les écolières boudent les filières scientifiques alors qu'elles ont toutes leurs chances. La faute aux préjugés.

«Les femmes sont nulles en calcul.» Le titre de «20 minutes» d'hier, volontairement provocateur, basé sur une étude de l'OFS, a vivement fait réagir des enseignants de l'EPFL, dont Kathryn Hess Bellwald. Leurs résultats en calcul sont un peu moins bons que ceux des hommes, selon l'étude publiée mardi par l'Office fédéral de la statistique.

«Ceci ne veut pas dire qu'elles sont nulles», rétorque la professeure de mathématiques. «Ils ont évalué des personnes entre 16 et 65 ans, donc des femmes d'un certain âge. Or, il y a trente ou quarante ans, on ne les encourageait pas à suivre cette voie.»

On ne naît pas matheux, on le devient. «On observe que les filles sont meilleures dans cette matière jusqu'en 6e. Puis il y a une cassure en 7e et 8e.» Son collègue masculin, Auke Ijspeert, professeur en informatique, souligne qu'elles lâchent prise pour d'autres branches. «Elles sortent des filières qui pourraient les rendre fortes en maths.» Résultat: les étudiantes constituent 30% de la population estudiantine en mathématiques.

La faute à qui? «A la société, et en particulier aux médias», répond-il. Kathryn Hess Bellwald précise: «Les écoles doivent prendre les devants et présenter ces options scientifiques aux jeunes filles, qui n'ont pas d'exemple sous les yeux tous les jours. Quant à celles qui ont réussi, elles doivent se servir de toutes les occasions pour servir de modèles.» Et, pour encourager les filles à faire le bon choix, l'EPFL propose aux 10-13 ans des cours Internet et scientifiques.

Sophie Roselli

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