Actualisé 02.12.2014 à 15:41

«Paddington»«Pas sûr que j'aimerais la nourriture suisse»

Paddington, l'ours né de la plume de Michael Bond, en 1958, déboule pour la première fois sur grand écran. Interview exclusive.

de
Catherine Magnin

Emigré du Pérou, il n'a pas attendu d'arriver chez les Brown, à Londres, pour apprendre les bonnes manières. L'ours Paddington a lâché poliment ses sandwichs à la marmelade pour répondre à nos questions.

Comme il n'y a pas de télé ou de cinéma dans votre jungle d'origine, saviez-vous ce qu'était un film avant de tourner dans celui-ci?

Je ne savais rien du cinéma ou de la télévision avant mon arrivée à Londres. Mais c'était il y a longtemps. Depuis, j'ai regardé la télé et je me suis rendu au cinéma de nombreuses fois avec la famille Brown.

Quel a été le plus grand défi dans le tournage de ce long métrage de cinéma?

Jouer s'est avéré beaucoup plus difficile que je ne le pensais. Il nous a fallu parfois toute une journée pour filmer une scène. Je devais m'assurer d'avoir assez de sandwichs à la marmelade avec moi chaque jour pour m'aider à maintenir mon niveau d'énergie.

Quelle a été la scène la plus difficile à tourner?

Probablement celle où j'étais sur un skateboard, tiré par un bus. Quelqu'un qu'on appelle un cascadeur était censé me remplacer, mais au dernier moment j'ai oublié de lâcher le câble et je me suis envolé. C'était assez sympa... jusqu'à ce que je m'écrase sur des antennes de télévision. Il m'a fallu plusieurs jours pour récupérer.

Quel effet cela vous a-t-il fait de vous voir dans un film?

C'est à la fois étrange et excitant. Déjà que je suis déjà parfois un peu surpris quand je vois mon reflet dans un miroir! Je ne suis pas sûr de savoir comment réagir en voyant une énorme version de moi sur un écran de cinéma. J'ai été prévenu que je devrais signer beaucoup d'autographes, mais les ours n'ont pas une très bonne écriture. J'espère que cela ne dérangera pas les gens d'avoir une empreinte de patte à la place.

Vous êtes venus à Londres en quête d'un monde meilleur. Si la famille Brown ne vous avait pas adopté, auriez-vous émigré en Suisse?

C'est difficile à dire. C'est ma tante Lucy qui a décidé de m'envoyer en Angleterre, donc je n'ai jamais vraiment imaginé aller ailleurs. Mais je suis sûr que si j'avais émigré en Suisse j'y aurai reçu un accueil très chaleureux.

Comment vous imaginez-vous la Suisse?

Nous avons les Andes au Pérou, et je sais que vous avez des montagnes en Suisse. Donc j'imagine que c'est un peu comme le Pérou, en plus petit. Je ne suis pas sûr que j'apprécierais la nourriture. Madame Brown a acheté de l'Emmental la semaine dernière, mais je pense que quelqu'un avait déjà mangé mon morceau car il était plein de trous!

Que pensez-vous de Guillaume Gallienne, l'acteur français qui vous double dans la version française du film?

Madame Brown dit qu'il est très beau. Peut-être l'ont-ils choisi parce qu'il me ressemble? Je pense qu'il doit être très intelligent pour parler un si bon français. J'ai toujours trouvé le français assez difficile, donc je suis très heureux que M. Gallienne l'ait fait pour moi.

Vous êtes très bien éduqué. Pourquoi est-il si important pour les enfants (et les ours) d'avoir de bonnes manières?

C'est important pour chacun, pas seulement pour les enfants et les ours. Mon ami, Monsieur Gruber, pense que le monde serait bien meilleur si tout le monde était toujours poli avec les autres. Comme le dit Madame Bird, les bonnes manières ne coûtent rien.

Quel conseil donneriez-vous aux enfants pour prendre soin de leurs ours?

Les ours, comme la plupart des gens, aiment la compagnie. Il est donc important de leur parler. En fait, ce sont de très bons auditeurs avec qui vous pouvez partager vos secrets en étant sûrs qu'ils ne les répèteront à personne.

Quel est le secret d'une bonne marmelade?

Elle doit avoir la bonne consistance, de sorte que lorsqu'on fait un sandwich à la marmelade, elle soit assez tendre pour être étalée sur le pain mais pas trop coulante pour ne pas déborder sur les côtés. Il y a beaucoup de sortes de marmelades. Ma préférée est faite avec des oranges et il doit y avoir beaucoup de zeste.

Avez-vous déjà vu la statue à votre effigie à Paddington?

Oui, mais je ne me suis pas trop approché: j'ai remarqué un pigeon à proximité et j'ai eu peur qu'il me confonde avec la statue et se pose sur ma tête par erreur.

Accepteriez-vous de participer à une suite de «Paddington»?

Je pense qu'il pourrait difficilement y avoir une suite si je disais non! Mais je suis sûr que j'accepterais car j'ai rencontré des gens vraiment adorables. Et en dehors de l'incident avec le skate, je me suis régalé.

«Paddington»

De Paul King. Avec Sally Hawkins, Hugh Bonneville, Nicole Kidman.

Sortie le 3 décembre 2014.

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Tout le monde va adopter Paddington!

Elles sont trop mignonnes, les aventures de Paddington. Le nounours, en images de synthèse et non en chair et en poil, sème la zizanie chez les Brown, qui l'ont recueilli à son arrivée à Londres. Il ne fait pas exprès de faire des bêtises. Même s'il a une bonne culture générale, les subtilités de la modernité, anglaise de surcroît, lui échappent un peu. Et tout le monde n'est pas aussi enthousiaste que Madame Brown (Sally Hawkins) pour l'accueillir. Il y a même une taxidermiste qui veut sa peau! Truffé de bonnes idées, rigolo mais pas vulgaire, et dénué de tout cynisme, «Paddington» est le parfait film familial de Noël.

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