Actualisé 06.08.2009 à 19:20

Succession CouchepinPascal Broulis candidat au Conseil fédéral

Le président du gouvernement vaudois Pascal Broulis a annoncé sa candidature jeudi à Lausanne.

Pascal Broulis a mis un terme jeudi après-midi aux spéculations lors d'une conférence de presse à Lausanne. S'il admet ne pas avoir «la faveur des pronostics», il estime pouvoir apporter son expérience de 7 ans à l'exécutif.

Le président du gouvernement vaudois ne se voit pas favori face à des parlementaires expérimentés. Il mettra cependant «toute son énergie pour l'emporter» et convaincre une majorité de parlementaires fédéraux.

Le chef du Département vaudois des finances a longuement pesé sa décision: «Ma fonction actuelle me passionne». C'est avec un pincement qu coeur qu'il quitterait à mi-législature cette présidence nouvelle, prévue pour 5 ans. Mais «la fonction de conseiller fédéral m'intéresse et je pense pouvoir apporter une expérience et des méthodes utiles», a-t-il déclaré.

Pascal Broulis a ainsi vanté sa capacité à construire des compromis, à tendre la main dans les moments difficiles et à progresser à petits pas constants. Le radical a aussi souligné son attachement aux institutions: «Il faut les choyer, elles sont garantes de la cohésion sociale».

L'heure des Vaudois

Troisième canton de Suisse en terme de population, Vaud doit pouvoir jouer son rôle de «pivot romand». «Le pays a besoin d'un axe fort Lausanne - Berne - Zurich», argumente encore Pascal Broulis. «Nous sommes à nouveau écoutés à Berne», il est temps pour le canton d'être à nouveau représenté au Conseil fédéral.

Interrogé sur son «europhilie», qui pourrait lui coûter le soutien de l'UDC, Pascal Broulis a répété qu'il voyait en l'Union européenne un gage de stabilité et de prospérité. «Mais pour le moment, nous devons consolider et assurer la voie bilatérale», a-t- il souligné.

«Carences» à combler

Le candidat a évoqué sans détour ses «carences». Son niveau d'allemand, en premier lieu, qu'il entend améliorer dans les six mois. «J'ai repris les cours et je m'engage à le parler couramment d'ici mars 2010», a-t-il déclaré.

Autre faiblesse: son manque de notoriété auprès des parlementaires fédéraux, en particulier alémaniques. Pascal Broulis a toutefois relevé qu'il était très actif au sein de la Conférence des cantons. Il compte sur le soutien des élus vaudois pour combler son retard d'ici au 16 septembre.

M. Broulis pourra aussi bénéficier d'appuis à gauche. La présidente du parti socialiste vaudois Cesla Amarelle estime que le conseiller d'Etat «pourrait incarner une rupture» à Berne, en nouant des alliances avec le PS, les Verts et le PDC. Si c'est Fulvio Pelli qui est choisi, c'est le bloc de la droite du parti radical et de l'UDC qui serait renforcé, a-t-elle analysé.

S'il est élu par les chambres fédérales le 16 septembre prochain, ce fils d'immigré grec deviendrait le premier naturalisé à accéder au Conseil fédéral.

ats/Renaud Bournoud

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