Actualisé 12.06.2009 à 15:54

Conseil fédéral

Pascal Couchepin s'en va et s'ouvre le bal des prétendants

Onze ans après son accession au Conseil fédéral, Pascal Couchepin quittera ses fonctions à la fin octobre à l'âge de 67 ans.

Si la nouvelle était dans l'air, son annonce vendredi en a surpris plus d'un. Place désormais à la succession, avec plusieurs partis qui risquent bien de contester le deuxième fauteuil radical.

Après des mois de spéculations, la nouvelle est tombée et la surprise est venue aussi du mode d'annonce. Au lieu de profiter d'une séance du Conseil fédéral comme cela était d'usage ces dernières années pour les démissions, Pascal Couchepin a communiqué sa décision via le Conseil national.

C'est la présidente de la Chambre du peuple Chiara Simoneschi qui a mis fin aux hypothèses vendredi matin sur le coup de 08.00 heures à l'entame de la dernière journée de session. La Tessinoise a lu non sans émotion une brève lettre de démission remise par Pascal Couchepin. Ce dernier y annonçait son départ pour le 31 octobre, souhaitant à tous les membres du Parlement «un été enrichissant, prélude à une rentrée politique fructueuse pour notre pays».

Applaudi à son entrée sous la Coupole, Pascal Couchepin a remercié peu après les élus de leur accueil. Il s'est réjoui qu'au-delà des conflits puisse naître une certaine amitié. «Ce n'est pas du copinage, mais nous savons que faire de la politique, c'est risquer quelque chose pour le bien du pays».

Le conseiller fédéral a ensuite tenu conférence de presse, face à des médias avec lesquels il n'a pas toujours entretenu des rapports amicaux. «Il n'est pas nécessaire de s'aimer pour s'apprécier et je vous apprécie beaucoup» a-t-il lancé aux journalistes. Il les a aussi remerciés d'être venus assister à «cet événement secondaire qu'est dans l'histoire de la Suisse le départ d'un conseiller fédéral».

Le moment choisi a aussi son importance. Pascal Couchepin voulait laisser assez de temps à son parti pour préparer la succession. Il l'a aussi fait pour éviter que la campagne en vue des votations du 27 septembre sur le financement de l'AI soit encombrée par des questions de personne. Etre ministre démissionnaire est plutôt un avantage. «On écoutera l'argument plus que la personne», a-t-il expliqué.

Cerises et «bling bling»

Le Martignerain a aussi relativisé son impopularité et préféré insister sur son carton plein lors des élections. Le Valaisan a souligné qu'il avait connu 27 élections dans sa carrière, toute remportées. Il s'est souvenu d'une anecdote: dans les années 70, un homme de confiance lui avait recommandé d'arrêter la politique. Motif: trop peu populaire pour que cela finisse autrement que dans les larmes. «Je n'ai jamais pleuré, car je n'ai jamais perdu», a souri Pascal Couchepin. S'il se félicite de beaucoup de succès, l'ancien avocat admet aussi des échecs. «Les succès sont collectifs, les échecs, je les assume seul».

Couchepin le mal-aimé a invité à se méfier des sondages, de «tous ces titres qui font bouillonner la surface des choses». Le peuple suisse juge plus en profondeur, «sur une base autre que simplement le bling-bling».

Le conseiller fédéral a aussi affirmé avoir vécu la vie qu'il avait souhaitée, au service de son pays. La suite? Pascal Couchepin entend d'abord se consacrer ces prochains jours aux...conserves de cerises. Puis s'adonner à une «activité intellectuelle qui me fait plaisir», a-t-il déclaré un peu mystérieusement, avant de conclure la conférence de presse sur un tonitruant «basta!».

De la concurrence

L'Assemblée fédérale élira vraisemblablement le successeur de Pascal Couchepin le 16 septembre. Il s'agira sans doute d'un représentant de la Suisse latine. Si les libéraux-radicaux entendent défendre leur deuxième siège au gouvernement, ils auront de la concurrence. En tant que deuxième force de l'Assemblée fédérale, le groupe formé autour du PDC revendique déjà le fauteuil. L'UDC et les Verts n'excluent pas une candidature. Le PDC avait perdu son deuxième siège en 2003, lorsque Ruth Metzler avait dû céder sa place à l'UDC Christoph Blocher.

Le président du PLR, le Tessinois Fulvio Pelli, a répété ne pas être candidat. Parmi les noms cités figurent le conseiller aux Etats neuchâtelois Didier Burkhalter et la conseillère nationale genevoise Martine Brunschwig Graf. Le délai pour le dépôt des candidatures est fixé au 10 août. Le groupe parlementaire libéral-radical en discutera les 28 et 29 août. (ap)

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