France: Pasqua risque deux ans de prison
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FrancePasqua risque deux ans de prison

Le parquet a requis jeudi une peine de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, contre l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua.

Charles Pasqua, figure de la droite française, est jugé dans trois affaires de malversations financières présumées.

Charles Pasqua, figure de la droite française, est jugé dans trois affaires de malversations financières présumées.

Charles Pasqua, figure de la droite française, est jugé dans trois affaires de malversations financières présumées.

La Cour de justice de la République (CJR), seul organe compétent pour juger un ministre pour des faits commis dans l'exercice de ses fonctions, doit rendre son jugement vendredi.

L'avocat général Yves Charpenel a également requis une amende de 200'000 euros ainsi que la «privation des droits électifs» du sénateur, membre du parti UMP du président Nicolas Sarkozy et aujourd'hui âgé de 83 ans.

«Ces trois dossiers ne montrent aucune âpreté personnelle au gain, ni aucune volonté d'enrichissement crapuleux», a estimé M. Charpenel qui y voit cependant l'expression d'une «faiblesse»: «celle de la passion politique qui lui a fait perdre de vue les limites de la probité publique».

«Un organisateur, un combattant»

L'avocat général, au terme d'un réquisitoire de près de deux heures, a souhaité que la peine soit «proportionnelle à la gravité des faits et à la personnalité de l'auteur», «un homme de caractère, d'expérience, un organisateur, un combattant». Charles Pasqua est jugé depuis le 19 avril pour «corruption passive» et «complicité d'abus de biens sociaux et de recel».

Il est accusé d'avoir joué un rôle central dans trois affaires de malversation: une autorisation d'exploitation accordée au casino d'Annemasse, près de Genève, en échange présumé d'un financement électoral ultérieur, un pot-de-vin extorqué au groupe GEC-Alsthom (aujourd'hui Alstom) en contrepartie du déménagement d'une de ses filiales, des détournements de fonds au préjudice de la Sofremi, société d'exportation d'armes sous tutelle du ministère de l'Intérieur.

La défense de Charles Pasqua a elle exhorté jeudi les quinze juges de la CJR, trois magistrats et douze parlementaires, à se «débarrasser des préjugés et des rumeurs», estimant que les accusations de malversations financières à l'encontre de l'ancien ministre ont tourné au «guet-apens judiciaire».

«Un poison subtil et pernicieux»

«Nous sommes dans un dossier où le soupçon a été un poison subtil et pernicieux», a dit l'avocat de Charles Pasqua, Léon Lev Forster, lors de sa plaidoirie. Le réquisitoire de l'avocat général a été «une construction intellectuelle où on a l'impression que les suspicions et les doutes forgent les certitudes», a-t-il ajouté.

Le vétéran du gaullisme, qui accuse Jacques Chirac d'avoir fait exhumer ces affaires pour l'empêcher d'être candidat à la présidentielle de 2002, a traversé la journée du réquisitoire et des plaidoiries le plus souvent tête basse et l'air parfois absent.

A la CJR, il a a adressé ces derniers mots jeudi soir: «Je vous demande de ne vous souvenir que d'une chose: vous ne me devez rien, vous devez vous déterminer en votre âme et conscience. Moi j'ai ma conscience pour moi, j'ai servi mon pays, et je ne regrette rien.

Charles Pasqua fut une personnalité incontournable de la droite française et du gaullisme, dans les années 1980 et 1990. Il est connu pour être un homme de réseaux, notamment en Afrique et en Corse, son île d'origine, ce qui lui a souvent valu une réputation sulfureuse. (ats)

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