15.10.2020 à 10:08

Question des ouïghoursPasse d'armes entre l'ambassade de Chine et des eurodéputés

Un eurodéputé français a pointé du doigt la récente nomination de la Chine au Conseil des droits de l’homme de l’ONU ce qui n’a pas plu à l'ambassade de Chine en France.

Raphaël Glucksmann.

Raphaël Glucksmann.

AFP

L'ambassade de Chine en France a suscité de vives réactions parmi les parlementaires européens mercredi 14 octobre en exhortant le député européen Raphaël Glucksmann, à l'initiative d'une tribune défendant les Ouïghours en Chine, à «arrêter de semer des troubles».

Le député Socialistes et Démocrates avait été fin septembre à l'origine d'une tribune signée par des intellectuels, acteurs et responsables politiques européens appelant la communauté internationale à des «actes puissants» et «rapides» pour faire cesser le «crime contre l'humanité» en cours selon eux au Xinjiang.

Après un tweet mercredi matin de Raphaël Glucksmann qui s'est insurgé contre le fait que «la Chine et la Russie sont élues au Conseil des droits de l'homme de l'ONU» alors que des «millions d'Ouïghours» sont dans des «camps». Riposte immédiate de l'ambassade de Chine, qui a appelé l'eurodéputé à «arrête(r) de semer des troubles sur les questions liées au Xinjiang qui relèvent entièrement des affaires intérieures de la Chine». «Aucun pays ni aucune force n'a le droit d'y interférer et toutes les tentatives contre la Chine sont vouées à l'échec», a-t-elle ajouté sur Twitter.

«Vous ne m'impressionnez pas»

Raphaël Glucksmann

Réponse du député européen: «Vous ne m'impressionnez pas @AmbassadeChine Et vous ne pouvez donner d'ordre, ici, à un représentant du peuple. J'ai été élu pour mener ces combats pour les droits humains. Et je les mènerai jusqu'au bout. Alors changez de ton svp. Et surtout: fermez les camps», a-t-il tweeté.

Plusieurs députés européens lui ont dans la foulée apporté leur soutien, dont son homologue EELV Yannick Jadot, qui a demandé à Emmanuel Macron de «bloquer les négociations en cours de l'accord d'investissement UE-Chine». Yannick Jadot a déploré que «depuis des années les autorités chinoises mettent la pression sur les élus européens et menacent directement les gouvernements de rétorsions économiques à chaque fois que les atteintes aux droits humains ou les pratiques insupportables de dumping sont exposées et combattues».

Un texte de l’Association Ouïghours Suisse, Campax et de la Société pour les peuples menacés Ouïghours demande au Conseil Fédéral d’ajouter certaines clauses à son accord avec la Chine. (septembre 2020)

A sont tour, l'eurodéputée Renew et ex-ministre LREM Nathalie Loiseau a interpellé l'ambassade, lui demandant si elle pense «vraiment donner une bonne image de (son) pays en (s') adressant de la sorte à un élu». «Il y a le ton, mais il y a aussi le fond. Le sort des Ouïghours est l'affaire de tous», a-t-elle tweeté, en réclamant «des nouvelles» de l'intellectuel ouïghour condamné à la réclusion à perpétuité par Pékin, Ilhan Tohti, prix Sakharov 2019. Pascal Durand, également eurodéputé Renew, a renchéri: «Nous sommes très nombreux à soutenir Raphaël Glucksmann et à dire, oui, fermez vos camps !»

(AFP)

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