Etats-Unis – Passe d’armes entre les républicains et Joe Biden au Sénat
Publié

États-UnisPasse d’armes entre les républicains et Joe Biden au Sénat

Les républicains rejettent l’idée de Joe Biden de changer les règles parlementaires pour faire adopter des lois qui doivent protéger l’accès au vote des Afro-Américains.

Joe Biden était présent au Congrès mercredi 12 janvier 2022 pour rendre hommage à un sénateur défunt.

Joe Biden était présent au Congrès mercredi 12 janvier 2022 pour rendre hommage à un sénateur défunt.

Getty Images via AFP

Le président Joe Biden a essuyé un tir de barrage d’une violence rare de la part du chef des républicains au Sénat mercredi, qui a rejeté avec force son idée de changer les règles parlementaires pour faire adopter deux lois qui doivent protéger l’accès au vote des Afro-Américains. La tension politique est montée d’un cran à Washington cette semaine et Joe Biden a décidé de s’impliquer personnellement dans la bataille.

«Indigne de sa fonction», «démagogue», «incohérent et erroné»: en réagissant au plaidoyer de Joe Biden, qui a promis mardi de tout faire pour protéger le droit de vote des minorités, Mitch McConnell n’a pas retenu la moindre attaque. «Je n’ai pas reconnu l’homme à la tribune hier», a tancé le chef des républicains au Sénat, en référence au déplacement du président américain sur les terres de Martin Luther King.

Le ténor conservateur s’est insurgé contre les réformes électorales du président qui reviendraient selon lui à confier aux démocrates «le contrôle des élections». Le discours de Mitch McConnell dans l’hémicycle du Sénat est le signe criant que, à moins de dix mois des élections cruciales de mi-mandat, tous les coups sont permis.

Violence

Joe Biden, présent au Congrès mercredi pour rendre hommage à un sénateur défunt, s’est empressé de répondre à celui qu’il a côtoyé de longues années dans les couloirs du Capitole: «J’aime bien Mitch McConnell, c’est un ami», a-t-il lancé, un brin taquin.

Quelques minutes plus tard, la porte-parole de la Maison-Blanche a qualifié d’«hilarantes» les critiques selon lesquelles le discours de Joe Biden mardi aurait pu être perçu comme offensant. «Ce qui est bien plus offensant, c’est cette tentative de supprimer le droit fondamental des gens d’exercer leur droit de vote», a-t-elle rétorqué.

Le président américain, qui a choisi de mouiller sa chemise dans ce dossier, reviendra au Sénat jeudi pour échanger avec les démocrates sur la marche à suivre pour faire passer ses réformes. Déjà adoptées à la Chambre des représentants, ses deux lois censées protéger l’accès au vote des minorités sont pour l’instant «mort-nées» au Sénat, où la majorité démocrate est bien trop étroite pour qu’elles y soient adoptées sans les républicains.

À moins d’une réforme explosive des règles de la chambre haute, la menace que Joe Biden agite. Mais pour la mettre à exécution, il lui manque encore le soutien de deux démocrates modérés, Joe Manchin et Kyrsten Sinema. Les deux y sont pour l’instant opposés, Joe Biden tente par tous les moyens de les convaincre.

Série de restrictions

Baptisée «Freedom to Vote Act», la première des deux réformes que les démocrates cherchent par tous moyens à adopter prévoit de rendre férié le jour de l’élection et d’élargir le vote par correspondance. Elle annule en même temps une série de restrictions adoptées dans plusieurs États conservateurs depuis la présidentielle de 2020, comme l’interdiction en Géorgie de distribuer des boissons ou des encas dans la file d’attente pour voter.

Les ONG assurent que ces mesures adoptées par des républicains visent et discriminent particulièrement les Afro-Américains, qui ont très largement voté pour Joe Biden à la dernière élection. La deuxième loi des démocrates interdit l’adoption de toute règle ayant pour conséquence de limiter l’accès au vote d’un groupe minoritaire, même si la discrimination n’est pas intentionnelle. L’ex-président démocrate Barack Obama a apporté son soutien, déclarant dans une tribune publiée mercredi sur le site USA Today: «Maintenant, il est temps pour le Sénat américain de faire ce qui est juste».

Un chef républicain refuse de coopérer à l’enquête sur l’assaut du Capitole

Le chef des républicains à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a refusé mercredi une invitation à témoigner devant la commission parlementaire qui cherche à faire la lumière sur le rôle de Donald Trump dans l’attaque sur le Capitole.

La commission «veut m’entendre à propos de déclarations publiques déjà partagées avec le reste du monde et de conversations privées n’ayant rien à voir avec la violence au Capitole. Je n’ai rien à ajouter», a-t-il déclaré dans un communiqué. «J’ai décidé sans regret ni satisfaction de ne pas participer à l’abus de pouvoir (commis par) cette commission», a-t-il dit.

(AFP)

Ton opinion

3 commentaires