Actualisé 07.04.2017 à 10:51

SnowboardPat Burgener a tout pour évoluer à domicile

Cette semaine l'équipe de Suisse s'entraînait à Crans-Montana (VS). L'occasion pour le Vaudois, «bronzé» en half-pipe aux derniers Mondiaux, de retrouver ses sensations dans un lieu familier.

de
Robin Chessex, Crans-Montana

La fin de la saison des sports d'hiver est là. Cela se sent à Crans-Montana quand on regarde le village dénué du moindre gramme de neige. Mais, au sommet des pistes, l'équipe suisse de snowboard préparait, tout au long de cette semaine, l'avenir.

L'avenir c'est grâce à ce nouveau half-pipe, inauguré en février dernier dans la station valaisanne, d'une hauteur de 22 pieds (environ 7 mètres), ce qui en fait l'unique half-pipe olympique de Suisse romande. Une installation avec laquelle Crans-Montana espère bien pouvoir attirer plus régulièrement l'équipe nationale sur ses terres, elle qui, habituellement, va s'entraîner du côté de Laax (GR). D'autant plus que ce half-pipe est très similaire à celui sur lequel glisseront les riders en Corée du Sud lors des Jeux olympiques.

«Comme une famille»

Mais l'avenir, c'est surtout les jeunes snowboarders qui constituent l'équipe de Suisse, avec bien sûr, en tête de liste, Pat Burgener. Le rider vaudois de 22 ans est ravi de retrouver sa station d'adoption avec ses coéquipiers. «On est comme une famille, on a voyagé toute l'année ensemble. C'est vrai qu'en compétition parfois, on ressent un peu des tensions mais une semaine comme ça, on est juste là pour se rapprocher les uns des autres et renforcer cet esprit d'équipe». Sur leur nouveau terrain de jeu, les jeunes riders cherchent le calme et semblent s'amuser lors de leur entraînement du matin. Pas besoin d'un long tour de chauffe pour Pat Burgener. Dès le premier ride sur le tube, il s'élève haut et pose des figures déjà impressionnantes.

Le Romand n'a certainement pas froid aux yeux. Il a terminé 3ème lors des derniers championnats du monde, grâce à ses figures risquées que peu d'autres compétiteurs peuvent réaliser. «J'avais cette figure qui m'a fait gagner en Coupe du monde (ndlr: sa première victoire en décembre, à Copper Mountain) que j'ai eu de la peine à remettre en compétition car c'est quelque chose de plutôt risqué». Au final, il a réussi à grimper sur le podium. Même s'il regrette de ne pas avoir réussi à montrer l'étendue de son talent aux Mondiaux, le snowboarder est tout de même content «d'avoir fait un podium sans avoir 100% de mon potentiel. Ça me motive énormément pour l'année prochaine».

Les yeux tournés vers la Corée du Sud

La prochaine saison sera surtout marquée par les Jeux olympiques de PyeongChang. Pour Pat Burgener, déjà qualifié, l'important est surtout de créer de nouvelles figures. Chaque compétiteur arrive avec du neuf aux JO. Il faut composer son morceau comme un musicien. Ce qui lui convient parfaitement. «Là je suis en train de travailler sur ma dernière figure, qui va être celle qui va peut-être, éventuellement me faire gagner la médaille d'or…» Les JO pour lui sont un rêve d'enfance. D'autant plus qu'il les a ratés

deux fois à cause de blessures.

Le risque planant fait d'ailleurs son apparition lors de la matinée. Au milieu du half-pipe, le rider vaudois résident de Crans-Montana chute lourdement. Ses côtes lui font un peu mal, mais finalement rien de grave. Le rider ne veut pas penser au danger potentiel de blessures. La peur est quelque chose qui ne fait que freiner le compétiteur. «Il faut savoir passer à autre chose et avoir cette mentalité dans le sport sinon on n'avance pas.»

L'innovation sur son pas de porte

Crans-Montana est l'endroit où Pat Burgener a grandi, a mis les skis pour la première fois. C'est un endroit où le jeune rider «trouve une énergie» qu'il ne retrouve nulle part ailleurs. Mais la station va lui offrir encore davantage. Outre le nouveau half-pipe, la construction d'un immense centre sportif va commencer cet été pour une ouverture en fin d'année. Nommé le Chalet Alaïa, il s'agira d'un vaste complexe regroupant un skate park, des trampolines, des pistes de freeski ou de snowboard ainsi qu'un bassin géant avec des vagues pour surfer. C'est le frère de Pat, Marc-Antoine Burgener, déjà manager du jeune sportif dans sa carrière tant sportive que musicale, qui est l'un des co-fondateurs du projet.

Les planètes semblent s'aligner parfaitement pour l'avenir sportif de Pat Burgener. «Hors saison, on passe énormément de temps dans les salles d'entraînement et jusqu'à présent, on allait à Davos ou Zurich. Et enfin tout se réalise. Il y a un half-pipe à Crans, une salle d'entrainement, je n'ai même plus besoin de bouger, je serai chez moi, je pourrai écrire de la musique et aller m'entraîner trois à quatre heures par jour. C'est vraiment super cool. Ça me motive énormément.»

Des projets qui sont acclamés également par Pepe Regazzi, entraîneur en chef, pour qui de telles infrastructures sont très importantes pour la relève sportive en Suisse romande. «C'est ça dont on a besoin pour avoir plus de freestylers». En attendant, c'est sur Pat Burgener que reposeront la plupart des espoirs en 2018. «L'année prochaine ça va vraiment être une grosse année. J'ai toutes les cartes en mains.»

Visite virtuelle de l'Alaïa Chalet

L'Alaïa Chalet

Complexe de sports d'action à Lens, dans la région de Crans-Montana.

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