Actualisé 26.10.2009 à 08:12

Horlogerie

Patek Philippe donne une seconde vie aux anciens locaux L'Oréal

La société horlogère genevoise Patek Philippe a saisi en 2006 l'opportunité d'acquérir une importante parcelle jouxtant la sienne à Plan-les-Ouates (GE).

Après deux ans de travaux, le site va accueillir la production des composants de mouvements, début 2010.

«L'opportunité d'investir s'est présentée et le groupe l'a saisie», a indiqué à l'ATS Philippe Stern, président d'honneur de Patek Philippe. «Il s'est agi d'optimiser le flux de production des composants de mouvements, de façon plus logique, sur un seul niveau, avec un contrôle de qualité de production encore amélioré».

Et d'ajouter: «Ceci nous permet de prévoir des réserves pour de futurs développements à Plan-les-Ouates», selon l'évolution de la situation économique et la demande mondiale pour nos produits». Une visite des lieux à l'occasion du bouquet de chantier, lundi, révèle la métamorphose du site.

Entreprises locales

Confié à Losinger, ce projet d'envergure a consisté à transformer un bâtiment à vocation industrielle et de stockage en une manufacture horlogère. «Au total, c'est une surface de 14'000 m2 qu'il a fallu entièrement rénover», explique Jean Kohler, délégué aux affaires immobilières du groupe.

Implantés sur une parcelle de 35'000 m2, les anciens locaux de L'Oréal vont trouver dans quelques mois une seconde vie. Un planning ambitieux de deux ans seulement, a été tenu.

«Jusqu'à deux cents personnes ont été mobilisées en période de pointe», a précisé Marc Volkringer de la société Losinger. «Nous avons joué le jeu de l'économie locale en faisant appel à des entreprises en majorité genevoises, et seulement pour 15% à des sous- traitants hors du canton».

Dans certains domaines, les compétences n'ont pas été trouvées sur place. Le site a fait l'objet d'une mise aux normes sismiques, d'un renouvellement des systèmes de chauffage, de ventilation, de climatisation et d'électricité.

Contraintes techniques

Les contraintes techniques étaient multiples avec onze types de toitures différentes, la nécessaire unification de huit batiments équipés de trois types de façades. A l'intérieur, 2800 m2 de cloisons amovibles ont été posées pour délimiter les futures zones de production.

Le cahier des charges comprenait également un contrôle des ambiances (température, hygrométrie..etc), afin d'assurer la stricte stabilité nécessaire à la production des composants horlogers. Au total, quelque 600 personnes de 65 entreprises et 11 bureaux d'études mandataires ont travaillé sur le site.

Début 2010, place sera faite à la production des composants horlogers. Elle sera assurée par quelque 300 collaborateurs sur les 1300 employés que compte le site genevois. Chaque année, Patek Philippe produit environ 40'000 montres dont une part importante de modèles à complications chaque année.

«La demande va de plus en plus vers des pièces complexes», souligne Jasmina Steele, porte-parole de Patek Philippe. «Ce qui se traduit par une augmentation du nombre de composants du mouvement passé en quelques années de quelque 150 en moyenne à environ 300».

Reprise de personnel

Installée à Plan-les-Ouates depuis 1996, la manufacture genevoise a connu une forte expansion. La société s'est retrouvée à l'étroit sur le site initial de 24'000 m2, conduisant dans un premier temps à l'externalisation de la production des boîtes et bracelets de montres à Perly (GE).

Entièrement autofinancé, l'investissement lié au rachat des anciens locaux de L'Oréal et au coût de leur rénovation, n'est pas communiqué, même si on ne peut douter de son ampleur. Pour rappel, Patek Philippe avait repris, lors de l'opération une trentaine de collaborateurs de L'Oréal formés, depuis, aux métiers de l'horlogerie.

Pour 2009, l'entreprise table sur une stabilité du chiffre d'affaires par rapport à 2008, qui avait été un exercice record. Le groupe a compensé en partie la baisse des volumes par la vente de pièces à plus forte valeur ajoutée.

(ats)

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