Genève: Patient condamné pour avoir abusé d'une malade
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GenèvePatient condamné pour avoir abusé d'une malade

Un homme de 29 ans avait agressé sexuellement une personne incapable de discernement dans un hôpital psychiatrique.

La peine de prison de l'agresseur a été commué en mesure thérapeutique. (Photo d'illustration)

La peine de prison de l'agresseur a été commué en mesure thérapeutique. (Photo d'illustration)

Keystone

Un homme souffrant de graves troubles mentaux a été reconnu coupable jeudi par le Tribunal correctionnel de Genève d'actes d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement. Sa peine de 15 mois de prison a été a suspendue au profit d'une mesure thérapeutique en milieu fermé.

Détenu à Champ-Dollon depuis 239 jours, l'homme âgé de 29 ans devrait être transféré à Curabilis pour y être soigné. Une expertise psychiatrique a conclu à des troubles mentaux d'intensité sévère, des troubles schizo-affectifs, une dépendance au cannabis et un syndrome frontal.

Hospitalisé en psychiatrie

Les faits pour lesquels il comparaissait jeudi remontent à fin 2016. Alors hospitalisé en psychiatrie à Belle-Idée, l'homme fait la connaissance d'une patiente qui vient d'arriver en raison d'une décompensation.

Après l'avoir embrassée de force, le prévenu l'emmène en promenade dans le parc. Il l'adosse à un arbre en lui serrant fortement la poitrine et la pénètre avec ses doigts. Les refus réitérés de la femme et l'intervention d'un autre patient le font arrêter.

Plainte retirée

«Je croyais qu'elle était d'accord», a expliqué devant le Tribunal le prévenu qui souffre de graves séquelles d'un accident de la route. Sous curatelle volontaire, cet homme marié et père d'une fillette vit de sa rente AI. Il cherche souvent ses mots et affirme ne plus se souvenir de ce qui s'est passé.

Quatre jours après l'épisode du parc, le prévenu se rend le soir dans la chambre de la patiente qui est alors fortement sédatée. Il est surpris par le personnel infirmier en plein acte sexuel et est dénoncé par les Hôpitaux universitaires de Genève au Ministère public. La patiente, qui avait déposé plainte, l'a ensuite retirée.

Un corps inerte

Pour la procureure, Katerina Figurek Ernst, il a commis un «acte égoïste, sauvage et humiliant» en utilisant le corps inerte de cette femme pour assouvir ses besoins sexuels. Reconnaissant une responsabilité fortement restreinte, elle a requis une peine de 15 mois de prison suspendue au bénéfice d'une mesure thérapeutique pour «qu'il se soigne».

L'avocate du prévenu, Jessica Botelho, a demandé son acquittement. Son client et la patiente avaient sympathisé, estime-t-elle. Ils ont même fugué une journée ensemble, ajoute l'avocate. Elle met également en doute l'incapacité de discernement de la femme lors de l'acte sexuel dans la chambre.

Risque de récidive

Mais cette version n'a pas convaincu le Tribunal qui a suivi le Ministère public sur toute la ligne, en reconnaissant l'homme coupable de contrainte sexuelle et d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. La situation personnelle difficile du prévenu ne justifie pas ses actes, selon les juges.

Ils ont toutefois tenu compte du contexte psychique particulier dans lequel se sont déroulés les faits. La mesure en milieu fermé se justifie en raison du risque de récidive élevé. Ce n'était pas la première fois que cet habitué des séjours en psychiatrie avait des comportements sexuels inadéquats. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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