Vaud: Patientes envoyées chez des masseurs pervers
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VaudPatientes envoyées chez des masseurs pervers

Condamnés ou sous enquête, des thérapeutes sont recommandés par des toubibs et remboursés par les assureurs.

par
Frédéric Nejad Toulami

Mercredi s'est ouvert à Lausanne le procès d'un «rebouteux, guérisseur, magnétiseur, radiesthésiste». Il est accusé de viol, contrainte sexuelle et abus de détresse sur plusieurs patientes.

Il y a quelques semaines, c'est un masseur pervers du Nord vaudois qui était reconnu coupable de faits comparables («20 minutes» du 17 janvier); il s'agissait alors de sa troisième condamnation.

Le Ministère public instruit actuellement une troisième affaire similaire. Là, une femme a porté plainte contre un masseur de La Côte, recommandé par sa doctoresse. Or, cet homme a déjà été condamné à une peine de prison.

«Ces thérapeutes alternatifs, qui échappent aux lois sur la santé, ne dépendent d'aucune autorité», rappelle le médecin cantonal vaudois Karim Boubaker. Mais grâce à leur affiliation à la Fondation suisse pour les médecines complémentaires (ASCA), ils mettent en avant le remboursement possible de leurs frais par des assurances maladie complémentaires.

«Lors de la demande d'adhésion, leur formation de base est vérifiée et un extrait récent de leur casier judiciaire demandé», explique le secrétaire général de l'ASCA, Laurent Berset. Mais il déplore les difficultés pour obtenir auprès de l'ordre judiciaire les noms des pervers condamnés «afin de les exclure».

Il estime délicat de redemander aux 17'000 thérapeutes un nouvel extrait de casier plusieurs années après leur affiliation.

«Un vrai problème»

«Je n'ai pas de moyens légaux pour agir mais il y a là un vrai problème, souligne Karim Boubaker. Les victimes de ces individus condamnés doivent me contacter et me communiquer leurs noms. Je pourrai ainsi avertir les praticiens vaudois afin qu'ils ne recommandent pas ces individus à leurs patients.» Mais le médecin cantonal regrette que l'ASCA ne se donne pas plus de moyens pour enquêter sur ses membres, voire les dénoncer, à l'image de la Société vaudoise de médecine.

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