Lausanne - Patineuse blessée aux JOJ jugée un peu trop bavarde
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LausannePatineuse blessée aux JOJ jugée un peu trop bavarde

L’athlète russe a été sommée de se taire, alors que l’enquête sur son accident a été rouverte. Elle a recouru, et gagné.

par
Christian Humbert
Olga Sevastianova avait été soignée au CHUV après sa grave chute.

Olga Sevastianova avait été soignée au CHUV après sa grave chute.

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Grièvement blessée, puis censurée: la patineuse russe de 36 ans victime d’un accident à la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) à Lausanne, a été sommée de garder le silence sur la procédure pénale en cours, sous peine d’amende.

Le procureur chargé de tirer au clair les circonstances de l’accident a décidé cette mesure alors que le Ministère ­public central vaudois venait juste de refuser qu’il classe l’affaire. Le magistrat a été invité à rouvrir l’enquête et à compléter le dossier. Il devra notamment interroger le mari de la patineuse en qualité de prévenu, et non plus comme personne appelée à donner des renseignements, «sur les manquements relevés par l’expert» concernant l’installation non conforme du treuil auquel la Russe était suspendue (lire encadré ci-dessous). C’est pour éviter que des «éléments du dossier» filtrent dans la presse et permettent au mari de préparer sa défense qu’il aurait agi ainsi.

«Aucun intérêt public»

Mais l’athlète a fait recours. «Nous vivons sous le même toit, il a déjà été auditionné deux fois»: pour elle, son mari connaît parfaitement le dossier. «Aucun intérêt public ne justifie une restriction de liberté d’expression», a-t-elle soutenu. Et ses arguments ont été entendus par le Tribunal cantonal: «C’est à tort que le procureur a imposé le silence à la recourante et à son avocate sous peine d’amende», a-t-il jugé récemment. 

Treuil mal installé
La patineuse avait frisé la mort, en janvier 2020 à Malley. Elle était perchée à 4 m de haut, sur un cerceau tracté par un câble, quand elle a chuté. Elle a toujours soutenu que le treuil, qui lui appartenait, avait été mal installé, travail qui incombait à des techniciens supervisés par son mari. Mais la Russe a raconté à «24 heures» que les responsables du spectacle avaient imposé des contraintes ne permettant pas l’installation habituelle.

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