Actualisé 08.10.2012 à 10:31

Affaire Bettencourt Patrice de Maistre entendu une nouvelle fois

L'ancien gestionnaire de fortune de Lilian Bettencourt a été auditionné lundi par la justice française au sujet d'un éventuel «trafic d'influence» en facilitant l'engagement de la femme d'Eric Woerth.

La justice française a entendu une nouvelle fois lundi Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Cette audition portait sur un éventuel «trafic d'influence», une piste politique susceptible de conduire à l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Patrice de Maistre, arrivé au tribunal de Bordeaux en compagnie de ses avocats, n'a fait aucune déclaration avant l'audience. Il est soupçonné d'avoir facilité l'embauche de Florence Woerth, femme de l'ancien ministre du budget et ex-trésorier de l'UMP Eric Woerth, dans la société Clymène, chargée d'administrer les dividendes de L'Oréal versés à Liliane Bettencourt. En échange, M. Woerth lui aurait fait obtenir la Légion d'Honneur.

Quelque 88 jours de prison

M. de Maistre est poursuivi depuis juin pour trafic d'influence actif dans cette affaire, et M. Woerth pour trafic d'influence passif depuis février. L'ancien homme de confiance, qui est aussi mis en examen notamment pour abus de faiblesse et abus de biens sociaux dans les affaires Bettencourt, a passé 88 jours en prison. Mais il a toujours démenti toute malversation.

En particulier, il a toujours affirmé ne rien savoir de la destination finale de quatre millions d'euros en liquide dont il avait supervisé le rapatriement depuis les comptes suisses des Bettencourt, de 2007 à 2009.

Les juges soupçonnent qu'il a pu en garder une partie, ou qu'une autre partie a pu servir à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. M. de Maistre, lui, a toujours soutenu avoir remis l'argent à la milliardaire ou à son mari, et ne pas savoir ce qu'ils en ont fait.

Multiplications des auditions

Le juge Jean-Michel Gentil et ses deux collègues multiplient les auditions actuellement. La semaine dernière, ils ont entendu l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye et fait entendre à la brigade financière à Paris quatre collaborateurs proches de M. Sarkozy, dont son avocat Me Thierry Herzog, pour des comparaisons d'agenda.

(ats)

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