Ski alpin: Patrice Morisod séduit les Bleus
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Ski alpinPatrice Morisod séduit les Bleus

Patrice Morisod, embauché par l'équipe de France à l'intersaison 2009 pour redonner des couleurs à un groupe vitesse qui faisait grise mine, commence de séduire l'Hexagone.

Le Valaisan n'a pas encore match gagné, mais «ses» Bleus montrent déjà des signes tangibles de progrès.

Le Valaisan n'a pas encore match gagné, mais «ses» Bleus montrent déjà des signes tangibles de progrès.

Adrien Théaux a fini 2e samedi du super-G de Beaver Creek, une discipline sinistrée côté français depuis des années. En décembre dernier, c'est Johan Clarey qui avait pris la 3e place en descente à Val Gardena, le premier podium français de l'ère Morisod, qui avait auparavant entraîné 18 ans en Suisse et était une sorte de mentor pour les Cuche, Défago et consort.

Depuis 2004...

L'équipe de France n'avait plus compté deux podiums aussi rapprochés dans les deux disciplines de vitesse depuis 2004, quand Antoine Dénériaz s'était classé 3e de la descente de Kvitfjell en mars et 2e à Lake Louise en novembre.

«Je ne serais pas venu en France si je ne croyais en ce groupe qui est en train de grandir, assure aujourd'hui Morisod. On va enfin pouvoir reparler de vitesse en France, où les jeunes sont très forts en géant et slalom. Les Français avaient un peu laissé tomber la vitesse, mon but était de redonner de l'envie, ajoute-t-il. Mais on ne va pas s'enflammer pour autant.»

Le Valaisan de Zinal a en effet encore du pain sur la planche, spécialement en super-G, où le dernier Français vainqueur en Coupe du monde est Luc Alphand en 1997. «Quand j'ai pris mes fonctions, l'équipe était vraiment en plein doute et avait pas mal de problèmes de condition physique, raconte Morisod. Notre premier travail a été de leur redonner confiance en leurs moyens.»

«Patrice est un rassembleur, il implique tout le monde dans le business, souligne Gilles Brenier, patron de l'équipe masculine. On l'a fait venir pour que les gens croient en lui et foncent derrière lui. Il les a décoincés.»

«Ce serait injuste de réduire la réussite de Théaux au seul Morisod», remarque toutefois Didier Cuche qui, sous la houlette du Valaisan, a amassé trois globes de cristal (descente 2007, 2008, géant 2009) et trois médailles mondiales (or super-G et argent descente en 2009, bronze géant en 2007). «Mais Patrice a un très bon oeil et sait comment mettre ses gars en confiance. Il a amené toute l'expérience accumulée avec la Suisse».

«Exigeant»

David Poisson, au pied du podium à Bormio en 2009, explique: «Patrice nous a beaucoup apporté dans la gestion des à-côtés, ça nous pose, et il nous fait prendre conscience qu'on peut gagner des courses. Il faut maintenant aller chercher une victoire. On n'en est pas loin.» «Il est dans la recherche permanente du détail, il nous fait évoluer sur des petites choses très importantes», souligne aussi Théaux.

Les Bleus apprécient le Suisse mais c'est bien le cadet de ses soucis: «Je ne suis pas là pour être apprécié, je suis là pour les faire aller vite». De la condition physique aux combinaisons, du matériel jusqu'au travail des techniciens, Morisod a mis le nez partout pour faire progresser ses coureurs.

«Patrice est exigeant, il a l'oeil sur tout. Cela nous arrive de nous engueuler mais c'est pour faire avancer les choses, témoigne Brenier. Il arrive d'un pays où il y a une autre considération du ski alpin que chez nous... Parfois je dois lui dire: 'C'est comme ça, pas autrement'. Mais il comprend.»

«On a des bons moyens en France mais pas à la hauteur des grandes équipes comme l'Autriche et la Suisse, note Morisod. On fait avec ce qu'on a mais si on veut s'améliorer, on doit mettre sur pied des tests de recherche sur l'équipement, le matériel. Là, la France peut encore nettement s'améliorer.»

(ats)

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