Bâle: Patron accusé de viol: pas assez de preuves
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BâlePatron accusé de viol: pas assez de preuves

Un Allemand de 46 ans a été acquitté mardi par la Cour pénale de Bâle-Ville. On lui reprochait d'avoir drogué puis abusé d'une employée.

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aj/dmz
Le cas a été jugé par la Cour pénale de Bâle.

Le cas a été jugé par la Cour pénale de Bâle.

photo: Kein Anbieter

«J'ai traversé l'enfer!» Un père de famille et ex-chef d'entreprise bâlois respire un peu mieux depuis mardi. Il a été acquitté des accusations de viol qui couraient contre lui. Selon la juge, le dossier du Ministère public manquait non seulement de preuves, mais lassait entrevoir la possibilité que la plaignante «ait été influencée dans ses déclarations». Ce n'est, en effet, que cinq mois après les faits et, après avoir consulté des médecins et des thérapeutes, qu'elle s'était décidée à aller voir la justice.

Cet Allemand de 46 ans a passé 48 jours en détention préventive. Depuis, il suit un traitement psychologique et n'a pas été en mesure de retourner travailler. C'est d'ailleurs dans le cadre professionnel que le viol dénoncé aurait eu lieu. L'homme avait monté une start-up à Bâle. Il avait débauché une ancienne collègue, avec qui il avait de bons contact, pour rejoindre son équipe. Mais très vite, leur relation s'est dégradée. Estimant que sa nouvelle recrue outrepassait régulièrement ses compétences, le patron a décidé de se séparer d'elle avant la fin de sa période d'essai.

Carafe piégée

C'est neuf jours avant ce licenciement, en septembre 2015, que la victime dit avoir été agressée. Devant la Cour, elle a raconté que, selon elle, le quadragénaire avait piégé une carafe d'eau avec du GHB. Quand, en fin de journée, l'employée a voulu partir, il ne l'a pas laissée partir. «Tout à coup, il s'est retrouvé derrière moi en caleçon, a déboutonné mon pantalon et m'a violée», a déclaré la plaignante.

Ce qui s'est passé ensuite? L'employée ne s'en rappelle pas. Il aurait, selon ses dires, fallu des mois de thérapie avant qu'elle prenne conscience de ce qui lui était arrivé. Quand la juge a demandé pourquoi sa mémoire lui avait joué des tours, elle a répondu que les soignants avaient diagnostiqué un trouble dissociatif, un oubli volontaire temporaire comme «stratégie de défense de l'organisme».

Trop de doutes

Le prévenu avait ensuite dénoncé «un tissu de mensonges», auquel il ne savait pas répondre. Son avocat, lui, a insisté sur le fait que le dossier du Ministère public était vide. Aucun rapport indépendant n'attestant du viol, le procureur ne s'est basé que sur les déclarations de la plaignante, que la défense a démonté.

D'abord, la «victime» disait se rappeler des poils pubiens «dégoûtants» de son patron. Or, celui-ci se rase les parties intimes, a relevé l'homme de loi. Enfin, une analyse de l'ordinateur du prévenu avait démontré qu'il travaillait sur des documents excel aux moment des faits et avait même eu des contacts par e-mail avec la plaignante.

Le procureur avait requis 2 ans et demi de prison avec sursis. Mais la juge n'a eu d'autre choix que d'acquitter l'accusé, au bénéfice du doute.

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