Vaud - Patron condamné pour du gel hydroalcoolique frelaté
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VaudPatron condamné pour du gel hydroalcoolique frelaté

Une firme a refilé une solution inopérante au Canton, qui a porté plainte. Son patron vient d’écoper de jours-amende.

par
Christian Humbert
Sans effet, le produit aurait induit un faux sentiment de sécurité.

Sans effet, le produit aurait induit un faux sentiment de sécurité.

Getty Images/iStockphoto

«L’effet était inverse à la désinfection»: c’est ainsi qu’une procureure a qualifié la solution hydro­alcoolique anti-Covid qu’une firme vaudoise avait vendue au Service cantonal de l’environnement. Entre mars et juillet 2020, cette société spécialisée dans les cosmétiques avait «produit et mis sur le marché deux lots de ce produit», lit-on dans la condamnation.

Le Département de l’environnement évoque une livraison de 200 kg de ce gel qui, selon son chargé de communication, avait une «efficacité limitée». De fait, ce désinfectant pour les mains n’en était pas. Les concentrations d’éthanol, de propylène glycol et de glycérine «ne correspondaient pas aux exigences de la législation et ne respectaient pas les conditions». Car le Département de l’environnement avait heureusement procédé à un contrôle de qualité et d’efficacité, lequel avait indiqué la défaillance. Le Canton avait porté plainte en octobre.

Le produit, récupéré par la firme fautive – à ses frais –, ne représentait pas un danger, assure le patron incriminé, ­lequel a écopé de 60 jours-amende à 60 francs et doit payer 200 francs de frais. «L’erreur est due au stress, se défend-il. Nous n’avons pas voulu aller plus loin. Nous utilisons cette formule depuis des décennies.» Le dossier montre cependant une diminution de l’efficacité de la solution livrée au Canton faute d’un dosage précis de la formule popularisée par le Dr Didier Pittet.

Masques douteux

«Le Matin Dimanche» révèle que lors de la première vague, le CHUV a reçu des masques FFP2 défectueux de la part d’Emix. Ce fournisseur zougois a été épinglé pour avoir vendu à la pharmacie de l’armée un lot de 700’000 pièces fabriquées en Égypte. On y trouvait notamment des traces de moisissures. Le centre vaudois, lui, a renvoyé la plupart des masques dès qu’il a constaté que les emballages ne portaient pas les indications légales.

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