Paul Bulcke futur patron de Nestlé
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Paul Bulcke futur patron de Nestlé

Le choix du futur nouveau directeur général (CEO) de Nestlé «n'a pas été facile à prendre», reconnaît Peter Brabeck, l'actuel patron et président de la multinationale vaudoise.

Paul Bulcke a été choisi «parce qu'il est le meilleur pour dégager de la perfomance».

Revenant vendredi matin lors d'une conférence téléphonique sur le choix du futur nouveau dirigeant du géant de l'industrie alimentaire, M. Brabeck a expliqué que le directeur financier (CFO) Paul Polman, donné favori par les analystes, n'avait jamais obtenu d'engagements de la part du groupe à être un jour nommé CEO.

«Il a toujours dit qu'il avait rejoint Nestlé pour devenir CFO», a affirmé M. Brabeck, qui a tenu à préciser au passage le rôle d'un directeur financier. Ce dernier communique au monde extérieur le résultats des décisions des managers, a-t-il dit en substance. Et d'ajouter: «Le CFO ne mène pas les affaires.»

Paul Polman veut un rôle opérationnel

Reste que M. Polman, entré chez Nestlé il y moins de deux ans et considéré par M. Brabeck comme le meilleur chef des finances que le groupe ait eu, a fait part de sa volonté d'avoir «une fonction opérationnelle». Cette requête sera étudiée avec lui «au cours des prochaines semaines».

Une fois que M. Brabeck aura remis son mandat de CEO à M. Bulcke, en avril prochain, il entend consacrer 70 à 75% de son temps à sa charge de président non exécutif du conseil d'administration. «Je travaille à 150% actuellement», a-t-il ajouté en riant.

Une chose est sûre, il n'interviendra pas dans l'opérationnel. Ses mandats d'administrateur dans le géant américain des produits ophtamologiques Alcon, que Nestlé contrôle à 75%, et dans le groupe de cosmétique français L'Oréal, dont le groupe vaudois tient 26,9% du capital, l'amèneront toutefois à tenir un rôle particulier sur ces deux dossiers.

2009, année clé pour le cas L'Oréal

Alcon est considéré comme une participation non stratégique de la multinationale helvétique. Quant à L'Oréal, le sort qu'entend réserver Nestlé à sa participation dès elle aura les mains libres fait l'objet de multiples spéculations. Ce sera en 2009, une échéance «très importante», a rappelé M. Brabeck.

Le groupe suisse est lié jusque-là par une convention. Celle-ci empêche de facto une cession de sa part ou une prise de contrôle du groupe hexagonal.

Interrogé sur ses objectifs une fois qu'il aura le groupe en mains, M. Bulcke a pour sa part indiqué qu'il entend continuer à appliquer le «modèle Nestlé», basé sur la croissance et la rentabilité. Les grandes orientations actuelles, notamment celle qui consiste à asseoir le rôle de leader de Nestlé dans la nutrition, vont être maintenues.

M. Bulcke considère que les objectifs actuels de croissance organique du groupe, de 5 à 6%, ne sont «pas une mauvaise chose». Il s'appliquera à confirmer ce rythme. «Là où nous pouvons faire plus, nous le ferons», a-t-il conclu.

SDA/ATS

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