Zurich: Payé 5 fr. de l'heure pour ne rien faire à l'aéroport
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ZurichPayé 5 fr. de l'heure pour ne rien faire à l'aéroport

Un employé de la firme de services aéroportuaires CGS doit attendre pendant 8 heures sur place une éventuelle mission. Salaire: 40 francs la journée.

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cht/nxp
Les conditions de travail à l'aéroport de Zurich ne cessent de se déteriorer, selon les syndicats.

Les conditions de travail à l'aéroport de Zurich ne cessent de se déteriorer, selon les syndicats.

Keystone

C'est un drôle de travail que doivent effectuer les employés de la compagnie de services aéroportuaires CGS. En effet, suite à un changement dans les services de piquet, ils doivent désormais passer une journée par mois à l'aéroport de Zurich, soit 8 heures, en attendant que quelqu'un fasse éventuellement appel à eux. Salaire versé: 40 francs, soit 5 francs par heure, révèle «20 Minuten».

Le quotidien a recueilli le témoignage d'un collaborateur très en colère. Selon lui, CGS aurait adapté le service de piquet de manière inadmissible. «Avant, nous recevions 50 francs pour huit heures de piquet mais nous pouvions être de garde de chez nous», tempête-t-il. Pour lui, être obligé de se rendre toute la journée à l'aéroport est donc une atteinte à sa liberté personnelle, sans compter qu'il faut encore payer le parking sur place. «Et tout cela pour 40 francs. Ce n'est pas sérieux!»

En outre, le temps est long dans la forme du piquet proposé. Car les employés doivent attendre dans une pièce toute la journée. Ils n'ont ni le droit de regarder la télévision, ni de jouer à un jeu vidéo, ni même de dormir. Selon le collaborateur interrogé, la plupart de ses collègues sont outrés mais n'osent rien dire, de peur de perdre leur emploi. Lui-même souhaite rester anonyme.

Des conditions qui se détériorent

Du côté du syndicat Unia à Zurich, on ne se dit pas surpris. «Les conditions et les charges de travail à l'aéroport de Zurich sont un désastre depuis des années, explique son directeur Lorenz Keller. «En raison de la guerre des prix, tout doit devenir moins cher. Les sociétés de services de l'aéroport sont sous pression. Et ce sont les employés qui souffrent des mesures qu'elles mettent en oeuvre pour réduire leurs coûts», souligne-t-il.

Et comment se défend CGS? La société explique que cette forme de travail, encore en rodage, n'est ni un service de piquet classique, ni une mesure d'austérité, mais plutôt une sorte de travail à la demande. Ce job s'adresserait en premier lieu à des étudiants qui peuvent bénéficier du wifi gratuit, de repas gratuits ainsi que de zones de détente et de jeux, le tout pour 5 francs par heure de présence. «Et s'ils doivent travailler, ils sont rémunérés selon un tarif normal», explique un porte-parole qui parle de «retours positifs» jusqu'ici.

Jusqu'à ce qu'un nombre suffisant d'étudiants aient été embauchés et formés, les employés actuels de CGS ont également la possibilité de gagner de l'argent supplémentaire grâce à ce service : «Cependant, ces affectations sont limitées à une fois par mois pour les employés actuels».

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