Actualisé 06.12.2006 à 22:19

Paysans appelés à refuser les abattages rituels

Une agricultrice de la région lausannoise a refusé de vendre une de ses bêtes à une famille musulmane qui voulait la tuer sans l'étourdir.

«Ils ont demandé à un de mes employés s'ils pouvaient acheter la bête et l'égorger sur place», témoigne l'agricultrice, qui souhaite garder l'anonymat. Face à mon refus, ils n'ont pas insisté.» Cas isolé? Les paysans contactés disent n'avoir jamais été confrontés à ce genre de cas.

Toujours est-il que la Société vaudoise de protection des animaux (SVPA) vient de mettre en garde les éleveurs de bétail. Elle signale, dans son journal de décembre, «que des musulmans sillonnent la campagne vaudoise pour acheter des veaux, les abattre sur place par égorgement rituel, sans étourdissement préalable». Ce qui est interdit et punissable par deux lois suisses.

«Le phénomène n'est pas nouveau, mais il est récurrent», explique Samuel Debrot, président de la SVPA. Le directeur du Centre islamique de Lausanne n'a pas entendu parler de cas similaires. «De toute manière, cette pratique étant interdite, tout le monde doit s'y conformer», explique Mouhammad Kaba. Celles et ceux qui désirent acheter de la viande halal peuvent le faire dans quatre boucheries lausannoises. Qui se fournissent en France et en Allemagne, où la législation autorise ce type d'abattage.

«Le fait de devoir l'importer fait quasi doubler les prix. Cela peut pousser certaines personnes à essayer de l'acheter directement auprès des paysans», explique Khalid Belaatar, patron de la Boucherie de la Gare, à Lausanne.

Cédric Alber

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