Pour une mode plus écolo: Peau de saumon et feuilles d'ananas sur les podiums
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Pour une mode plus écoloPeau de saumon et feuilles d'ananas sur les podiums

«Les produits de mode écoresponsables s'imposent» estime une étude réalisée dans le cadre du salon Première Vision. De plus en plus de matériaux sont fabriqués à partir de résidus issus de l'industrie agroalimentaire.

par
lhu

Benjamin Malatrait, président et cofondateur d'Ictyos-Cuir Marin de France, explique qu'il a choisi «de transformer la peau de poisson en cuir parce qu'aujourd'hui c'est un déchet que jettent l'industrie agro-alimentaire et la restauration.»

Les écailles de saumon remplacent les peaux de croco et les feuilles d'ananas servent à produire de nouveaux tissus. Dans le secteur du textile, les innovations ne manquent pas pour une consommation plus responsable. «Les produits de mode écoresponsables s'imposent», constate une étude réalisée avant la tenue de Première Vision, salon de la filière mode qui réunira plus de 2000 professionnels du secteur à Paris entre le 17 et le 19 septembre.

Près de la moitié des consommateurs européens ont acheté des produits de mode responsables en 2019, une consommation qui s'établit à 45,8% pour le marché français. Dans l'Hexagone, les consommateurs y ont consacré 370 euros (plus de 400 francs) en moyenne, soit la moitié du budget moyen habillement et chaussures en France, selon cette étude réalisée par la Chaire Institut français de Mode (IFM) et Première Vision auprès de plus de 5000 consommateurs en France, en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis.

La mode, encore à la traîne

«Dans les critères qui sont importants pour le consommateur, il y a la protection de l'environnement, un résultat qui n'était pas forcément prévisible», explique à l'AFP Gildas Minvielle, directeur des études à l'IFM. «Les consommateurs ont aussi compris que le vêtement est une matière, qu'il faut qu'elle respecte un certain nombre de critères et qu'elle soit elle-même écoresponsable», ajoute-t-il. Si cette nouvelle habitude de consommation s'installe, la mode est pourtant à la traîne par rapport à l'alimentation et aux cosmétiques organiques. «Le consommateur est perdu dans une profusion de labels et un manque de clarté. Il a aussi une crainte de greenwashing», souligne Chantal Malingrey, responsable du pôle développement durable de Première Vision.

Tissus à base de résidus agroalimentaires

«De plus en plus, on a des matériaux qui sont issus de résidus d'une autre industrie, énormément proviennent de l'agroalimentaire», remarque Marina Coutelan, en charge de la mode écoresponsable au sein de Première Vision. «C'est vraiment l'avenir!»

Circular Systems, basé à Los Angeles, propose ainsi des tissus ayant l'aspect de coton classique mais fabriqués à partir de fibres extraites de feuille d'ananas mélangées à de l'écorce de bananier et de l'huile de chanvre. Même principe pour Ictyos-Cuir Marin de France, installé à Lyon, qui revalorise la peau du saumon et de l'esturgeon tannée sans chrome. «Les écailles de poisson deviennent ainsi une belle alternative à la peau de crocodile. Cela peut complètement remplacer les peaux exotiques», commente Marine Coutelan.

Le cuir et la laine: le problème vient de la façon de produire

Plusieurs initiatives du secteur visent par ailleurs à défendre le cuir et la laine en expliquant les méthodes de fabrication, face aux critiques qui peuvent pousser certaines maisons à arrêter l'utilisation de ces matières. Il est important pour les marques et le consommateur de savoir d'où viennent les peaux et comment sont traités les animaux. «Le problème ce n'est pas le cuir ou la laine mais la façon dont sont produits ces éléments. Quand on sait comment sont élevés les moutons, comment on les tond, cela rassure», souligne Marina Coutelan. Le groupe ID Factory permet de tracer l'ensemble du cycle de la production du cuir. «En fait, les moutons ont besoin d'être tondus, et si on arrête le cuir, il va falloir brûler les peaux des 300 millions de tonnes de viandes qui sont mangées. Cela va être la catastrophe en terme de CO2!», avertit Marine Coutelan.

(lhu/afp)

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