Attentat de Marrakech: Peine capitale pour le principal accusé
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Attentat de MarrakechPeine capitale pour le principal accusé

Le Marocain Adil Al-Atmani, considéré comme le cerveau de l'attentat de Marrakech qui avait fait 17 mots en avril dernier, a été condamné à mort, vendredi par le tribunal anti-terroriste de Salé.

Le principal accusé dans l'attentat à la bombe de Marrakech fin avril a été condamné à la peine capitale et son complice à la prison à perpétuité, a annoncé vendredi le tribunal anti-terroriste de Salé, près de Rabat. L'attaque avait fait 17 morts, dont trois jeunes Tessinois.

Le principal accusé, le Marocain Adil Al-Atmani a été condamné à mort, et son complice Hakim Dah à la prison à perpétuité, selon le verdict de la cour.

Toujours inscrite dans le code pénal - mais en voie d'être formellement supprimée - la peine de mort n'est plus appliquée au Maroc depuis 1992. La nouvelle constitution votée en juillet prévoit pour la première fois explicitement le «droit à la vie».

Selon l'acte d'accusation, les prévenus sont coupables d'avoir «porté gravement atteinte à l'ordre public, assassinat avec préméditation (..) et appartenance à un groupe religieux interdit».

Lors du procès, le parquet avait affirmé que les suspects avaient «avoué avoir adhéré au courant salafiste, jihadiste» et «aux idées d'Al-Qaïda au Maghreb, après leurs séjours en 2005 en Irak, en Syrie, en Tchétchénie, au Mali, en Algérie et en Mauritanie».

Quatre des sept autres accusés ont été condamné à quatre ans de prison et trois à deux ans.

«Je suis innocent»

Adil Al-Atmani avait reconnu les faits devant un juge d'instruction, quelques jours après l'attentat, avant de se rétracter quelques mois plus tard en proclamant son «innocence». Dès l'énoncé du verdict le concernant, sa soeur s'est mise à crier et à protester dans la salle d'audience empêchant le juge de poursuivre ses jugements, avant de perdre connaissance.

Durant leur comparution, les suspects avaient pris la parole devant la cour pour dire qu'ils n'avaient aucun lien avec le Jihad et avec le terrorisme, réitérant l'assurance de leur innocence.

«Je n'ai aucun lien avec cet attentat. Je suis innocent», avait lancé Al-Atmani, le premier à prendre la parole dans la salle d'audience en présence des familles des victimes et des proches des accusés.

Quatre victimes tessinoises

L'attentat, le plus meurtrier au Maroc depuis les attaques islamistes à Casablanca en 2003, avait été commis le 28 avril dernier sur la terrasse du café Argana, sur la célèbre place Jamâa El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme marocain. Il avait été perpétré à l'aide d'un engin explosif actionné à distance.

Quatre touristes résidant au Tessin, un groupe d'amis, se trouvaient dans ce café au moment du drame. Deux jeunes hommes, un Suisse et un Portugais, avaient été tués sur le coup. Grièvement blessées, deux jeunes filles avaient été héliportées en Suisse. L'une d'elles avait succombé à ses blessures dans un hôpital de Zurich.

Huit Français et trois Marocains avaient également péri dans l'attaque.

(afp)

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