Affaire Giroud - Peine réduite d’un quart pour le gestionnaire de fortune
Publié

Affaire GiroudPeine réduite d’un quart pour le gestionnaire de fortune

Le gestionnaire de fortune de Crans-Montana accusé d’avoir aidé l’encaveur Dominique Giroud à soustraire quelque 2 millions de francs au fisc a été condamné par le Tribunal de Sierre. Un recours sera déposé.

par
Fabrice Zwahlen
Le Tribunal de Sierre a tranché en faveur du gestionnaire de fortune.

Le Tribunal de Sierre a tranché en faveur du gestionnaire de fortune.

20 minutes

Condamné dans un premier temps à 120 jours-amendes à 910 francs avec sursis durant deux ans par ordonnance pénale, l’un des gestionnaires de fortune de Dominique Giroud a vu sa peine réduite d’un quart par la justice valaisanne. Le citoyen du Valais central a finalement écopé de 90 jours-amendes à 980 francs avec sursis pendant deux ans et d’une amende de 8000 francs.

Pour mémoire, l’affaire portait sur des attestations désignant l’épouse de Dominique Giroud comme ayant droit économique de montants déposés auprès de diverses sociétés entre 2005 et 2007, pour près de deux millions de francs. Pour la procureure Rahel Bruehwiler, le professionnel de la finance «savait que les relations d’affaires ouvertes au nom de ces sociétés étaient utilisées pour les besoins commerciaux et privés de Dominique Giroud». Ce que le gestionnaire de fortune a toujours nié, désignant Mme Giroud comme ayant droit économique. Pas convaincu par ces explications, le tribunal de Sierre l’a finalement condamné pour faux dans les titres.

Explication jugée crédible

La procureure avait estimé que le gestionnaire de fortune n’avait «retiré aucun avantage personnel». Par contre, elle prétendait que ce dernier avait permis à Dominique Giroud «de réaliser son objectif, qui était de casser la traçabilité entre lui et ses affaires, ce qui lui a permis de soustraire des bénéfices et des revenus imposables, à travers une société-écran (ndlr: et par là même un blanchiment d’argent).» Le Tribunal a fait sienne cette argumentation.

A l’audience, le prévenu avait admis avoir paraphé lesdits formulaires. «Cest mon associé (ndlr: gestionnaire de patrimoine) qui m’a transmis les documents. Je me suis contenté de les (contre-)signer» avait-il précisé. «Comme layant droit était connu, jai signé machinalement. Je n’ai pas effectué de contrôle supplémentaire du document bancaire. Jai fait 100% confiance à mon collègue (ndlr: et qui a été acquitté par le Ministère public vaudois dans cette affaire). Il gérait seul cette relation.»

Un recours sera déposé auprès du Tribunal cantonal, confirme l’avocat du condamné, Philippe Nantermod.

Ton opinion