Actualisé 06.08.2008 à 15:59

Peines avec sursis requises contre cinq banquiers

Le Ministère public de la Confédération a requis des peines entre 18 et 30 mois d'emprisonnement avec sursis pendant cinq ans contre cinq anciens banquiers.

Accusés de blanchiment d'argent, leur procès se déroule devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone.

Les amendes sont elles comprises entre 10 000 francs et 40 000 francs à titre de sanction immédiate, a indiqué le Ministère public de la Confédération (MPC) mercredi. La culpabilité des cinq accusés est grave, estime-t-il. Les faits criminels qui leur sont reprochés ont duré des mois, voire des années et ont concerné un nombre important de relations bancaires et de comptes.

Les cinq banquiers sont accusés d'avoir blanchi près de 44 millions de dollars placés en Suisse par des fonctionnaires corrompus employés par le fisc brésilien. Directeurs ou cadres de la Discount Bank & Trust Company (DBTC), reprise en 2001 par l'Union Bancaire Privée, les cinq accusés auraient fermé les yeux sur l'origine douteuse des fonds.

Gros bonus

Selon l'acte d'accusation du MPC, l'ex-directeur de la succursale de Zurich de la DBTC et celui qui fut son adjoint essuient les reproches les plus graves. Les deux Zurichois, âgés de 59 et 61 ans, auraient «orchestré ou facilité des opérations de compensation» permettant d'entraver l'identification des fonds.

Ces agissements leur auraient procuré des gains importants. L'un avait perçu 50 000 francs de bonus en 2000 et 55 000 francs en 2001. Son adjoint avait reçu 90 000 francs et 85 000 francs pendant la même période. Pour le procureur fédéral Brent Holtkamp, ces montants étaient directement liés à l'accroissement de la fortune gérée à la succursale zurichoise de la DBTC.

Les irrégularités avaient été constatées après la reprise de la DBTC par l'UBP. L'établissement genevois les avait dénoncées aux autorités de poursuite pénale.

«Ripous» condamnés

Au Brésil, l'affaire a déjà été jugée. Les fonctionnaires brésiliens «ripous» ont été condamnés en 2003 à des peines allant jusqu'à dix-sept ans de prison. Un verdict confirmé sur appel par le Tribunal régional de Rio en 2007. (ats)

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