Egypte: Peines de mort pour des violences lors d'un match
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EgyptePeines de mort pour des violences lors d'un match

Onze personnes ont été condamnées à mort mardi par la justice égyptienne pour avoir participé à des violences dans un stade de football en 2012, selon la décision retransmise à la télévision.

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09.06.2015 Onze personnes ont été condamnées à mort mardi par la justice égyptienne pour avoir participé à des violences dans un stade de football en 2012, selon la décision retransmise à la télévision.

09.06.2015 Onze personnes ont été condamnées à mort mardi par la justice égyptienne pour avoir participé à des violences dans un stade de football en 2012, selon la décision retransmise à la télévision.

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Le 9 mars 2013, la population égyptienne a protesté après l'annonce du verdict condamnant à mort 21 supporteurs de football responsables de la mort de 74 personnes, lors de heurts après un match de football, à Port-Saïd

Le 9 mars 2013, la population égyptienne a protesté après l'annonce du verdict condamnant à mort 21 supporteurs de football responsables de la mort de 74 personnes, lors de heurts après un match de football, à Port-Saïd

AFP/Mahmud Khaled
AFP/Mahmud Khaled

Les verdicts sont susceptibles d'appel. D'autres accusés ont été condamnés à des peines de prison diverses, allant de 5 à 15 ans. L'un des avocats des familles des victimes a estimé que ce verdict était «extrêmement équitable et satisfaisant». La sentence avait été transmise en avril pour avis au grand mufti d'Egypte.

En février 2012, quelque 74 personnes ont trouvé la mort à l'issue d'un match de Première Ligue remporté par le club de Port-Saïd, Al-Masry, face aux stars cairotes d'Al-Ahly.

Les peines capitales, prononcées le 19 avril, ont été confirmées par le tribunal du Caire après l'avis non contraignant - et non public - rendu par le mufti d'Egypte.

Quarante des 72 accusés poursuivis ont par ailleurs écopé de peines allant d'une à 15 années de prison. Parmi eux, deux membres de l'encadrement du club d'Al-Masry ont été condamnés à cinq ans de détention, tout comme deux hauts responsables de la police accusés d'avoir facilité l'entrée des supporteurs armés et de les avoir laissés attaquer ceux de l'équipe adverse.

Vingt-et-un autres accusés ont été acquittés, dont sept responsables de la police.

Vengeance policière?

Les émeutes de Port-Saïd (nord-est) sont les plus meurtrières qu'ait connues l'Egypte en marge de matches de football.

Les jeunes «ultras» avaient activement participé à la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak début 2011. Le soulèvement était notamment mené en protestation contre les violences policières.

Depuis, la police est régulièrement soupçonnée de ne pas intervenir, sciemment, lors de heurts entre supporteurs, par vengeance. C'est ce qui s'est passé à Port-Saïd, selon les supporteurs d'Al-Masry et les avocats des jeunes accusés.

«Où est la justice?»

«Où est la justice? Ils ont libéré les policiers qui ont fermé les portes (du stade) sur nos enfants», hurlait la mère d'une victime, en larmes.

«Ils se moquent de nous. La justice est corrompue, ce pays est corrompu. Les jeunes sont morts, et on a des peines de prison de 10 ans et de cinq ans, et les policiers sont acquittés», s'est insurgé le père d'une autre victime.

Nouvelles victimes

Après Port-Saïd, pour éviter d'éventuelles nouvelles violences, le gouvernement avait imposé le huis clos pour toutes les rencontres de Première Ligue.

Mais le 8 février dernier, alors que les autorités avaient recommencé à autoriser le public à assister à certains matches, en nombre restreint, 19 supporteurs avaient été tués à l'entrée d'un stade du Caire, avant la rencontre entre Zamalek, le deuxième club-phare de l'Egypte, et l'équipe d'Enppi.

Les victimes, piégées dans une étroite cage les canalisant vers l'entrée du stade, avaient succombé dans une bousculade provoquée selon de nombreux témoignages par les tirs intenses de grenades lacrymogènes par des policiers.

La police, qui réfute cette thèse et accuse l'opposition islamiste d'avoir organisé ces violences, a arrêté 16 personnes, dont 12 supporteurs, qui ont été traduites en justice et sont notamment jugées pour meurtres. (ats)

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